Ponctualité, fiabilité, coût : un rapport de l'UFC-Que Choisir accuse les trains régionaux

Tous les usagers de TER, Transiliens ou RER savent à quel point il est difficile de compter sur la régularité des trains pour se rendre au travail tous les jours. La ponctualité laisse souvent à désirer. Sur neuf pays européens, la France est 8e en terme de ponctualité, devant la Suisse.

(Un peu moins de 9 trains sur 10 arrivent à l'heure © MaxPPP)

En cette période où les trains font parler d'eux avec notamment la suppression des trains de nuit Intercités, l'association UFC-Que Choisir a choisi de passer à l'action face aux retards des trains français en lançant l'application mobile "Anti retard". Via cette application, les utilisateurs pourront devenir "contrôleur de la ponctualité des trains régionaux" en signalant les problèmes qu'ils rencontrent. Il leur suffira de renseigner :

La gare de départ et d'arrivéeLa date et l'heure du trajetLa nature de l'incident (retard, train supprimé)La durée et le motif de l'incident, s'ils sont annoncés  Par ces renseignements, l'utilisateur contribue à faire avancer la mise en place d'un Observatoire indépendant et participatif de la qualité des transports régionaux.

Selon Alain Bazot, président de l'UFC-Que Choisir, "l’application permettra de constituer une base de données pour rétablir la vérité des retards."

"L’application permettra de constituer une base de données pour rétablir la vérité des retards", Alain Bazot, président de l'UFC-Que Choisir
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Il faut agir

Selon l'UFC-Que Choisir, il était nécessaire d'agir. Une étude pointe qu'il y a 20% d'écart entre les régions en terme de ponctualité des TER.

Selon une étude de l'association, il y aurait 4,3 millions de voyageurs par jour, dont 1,65 millions d'abonnés, qui empruntent les trains régionaux (TER en région, RER et Transiliens en Ile-de-France). La fréquentation est en hausse de 34% par rapport à 2002. Cette augmentation s'explique notamment par la hausse des prix du carburant, mais surtout par le développement de l'offre ferroviaire. En 2014, seulement 89,5% des TER sont arrivés à destination avec moins de six minutes de retard. Bien loin de l'Autriche avec 96,4% ou encore l'Allemagne avec 94,6%.

 

En Ile-de-France, la situation n'est pas vraiment meilleure. 11,5% des voyageurs en moyenne auraient subi un retard en 2014. Cependant, la ponctualité des trains dépend des lignes. Elle peut descendre à 85% sur la ligne A du RER qui compte environ un milion de voyageurs quotidien.

 

(L'évolution des retards sur les trains d'Ile-de-France © UFC-Que Choisir)
L'association a lancé une pétition pour les usagers mécontents. Les voyageurs quotidiens connaitraient au moins un retard subi chaque semaine. Via cette pétition ils mettent également en avant les prix pratiqués par la SNCF et la RATP. Ils souhaitent une réduction sur l'abonnement en cas de retard répété des trains sur une même ligne.

Un service coûteux

Qui dit développement de l'offre ferroviaire, dit augmentation des sommes consacrées à ce service. Ces coûts sont assumés en majorité par les subventions publiques, les usagers n'en n'assument qu'une petite partie. En 2013, la France a consacré 10,3 milliards d'euros à ses trains régionaux, dont 7,6 milliards d'euros de subventions publiques. Par ailleurs, les prix d'exploitation en France ont bondi de 87% entre 2002 et 2012, soit une hausse de 5,9% par an. Ces coûts d'exploitation ont dépassé largement l'augmentation des trains en circulation. Le coût d'exploitation au kilomètre a donc bondi lui aussi, en passant de 14,6€ en 2002 à 22,7€ en 2013, soit une hausse de 55%. Cette hausse non-maitrisée des frais d'exploitation serait dûe, selon l'UFC-Que Choisir, au monopole dont bénéficie la SNCF sur le marché des trains régionaux. L'ouverture à la concurrence du TER pourrait permettre jusqu'à 20% de baisse des coûts. Chez nos voisins allemands, ils sont d'ores et déjà 33% inférieurs à ce qu'ils sont en France.

Des statistiques faussées

Par ailleurs, l'UFC-Que Choisir met en lumière que la plupart des trains annulés ne sont pas comptabilisés. Ils sortent en effet des statistiques à partir du moment où ils sont supprimés avant 16h, la veille du départ. Ces suppressions de trains peuvent concerner jusqu'à 10% des TER chaque mois. Les retards de moins de six minutes ne sont également pas comptés.

(Pas d'amélioration notable de la fiabilité des TER © UFC-Que Choisir)

Expérimentation des indemnisations

Réservées pour l'instant seulement aux trains grandes lignes (TGV, Intercités) les indemnités en cas de retard pour les trains régionaux sont en expérimentation dans cinq régions : Bourgogne, Centre-Val de Loire, Franche-Comté, Pays-de-la-Loire et Picardie. Ces initiatives sont une bonne nouvelle pour les consommateurs et doivent être généralisées à toutes les régions, selon l'UFC-Que Choisir. Elles ont deux avantages : la responsabilité de la SNCF face aux voyageurs, incitent la SNCF a assurer un service conforme aux attentes des usagers.