La SNCF ne laisse pas les migrants voyager gratuitement

Une note interne de la SNCF circule sur les réseaux sociaux concernant les voyages des migrants. La compagnie a fait une mise au point mercredi. Elle ne les autorise pas à circuler gratuitement mais permet à son personnel de leur réserver une place attribuée, option normalement payante. Manuel Valls a dû s'en expliquer à l'Assemblée nationale.

(La SNCF ne laisse pas les migrants voyager gratuitement © MaxPPP)

La SNCF se défend. Non, elle ne distribue pas de billets de train gratuits aux migrants contrairement aux interprétations de certains mais assume des consignes "d'humanité". Les migrants sont soumis aux mêmes règles que tous les autres voyageurs quant à leur billet, a précisé la SNCF. Ils doivent disposer d'un titre de transport. Mais le personnel est autorisé à leur réserver gratuitement une place précise à bord, option habituellement payante. Il s'agit de permettre "qu'elles restent groupées et qu'on évite tout risque de conflit entre voyageurs si jamais elles occupaient des places réservées par d'autres", explique le goupe.

Par ailleurs, le personnel de la SNCF est appelé à faire preuve de "discernement" pour voir si les migrants qui ne seraient pas en règle sont de bonne foi, comme avec n'importe quel voyageur.

"Respecter la règle et avoir du cœur face aux migrants" Christophe Piednoël, directeur de l'information à la SNCF
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Des réseaux sociaux jusqu'à l'Assemblée nationale

La polémique est arrivée jusqu'aux oreilles du député Les Républicains Gérald Darmanin. A l'Assemblée nationale, il a donc demandé des comptes au Premier ministre, puisqu'il s'agit d'une entreprise publique. "Comment l'accepter ?" , s'est-il écrié dans l'hémicycle. La question a été accueillie par des huées de la gauche.

Manuel Valls a répondu en démentant, comme l'avait fait la SNCF, la gratuité des billets pour les migrants. Il y a "200 interpellations par jour " et "aucune instruction n'a été donnée à la SNCF de relâcher ce contrôle, bien au contraire" , a poursuivi le chef du gouvernement. Manuel Valls a reproché au député de "courir après l'extrême droite" .