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"Ils réveillent des enfants, des personnes âgées, des gens qui vont bosser" : à Toulouse, l'augmentation du trafic aérien dérange les riverains

Le trafic de l'aéroport de Toulouse-Blagnac a augmenté de plus de 16% depuis le début de l'année. Conséquence : des riverains se plaignent du bruit engendré par ces vols supplémentaires.

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A l'aéroport de Toulouse-Blagnac, le trafgic a augmenté de 16% depuis le début de l'année et de 23% pour le seul mois d'août. (PASCAL PAVANI / AFP)

L'aéroport de Toulouse-Blagnac est en plein essor. Son trafic a augmenté de plus de 16% depuis le début d’année et de 23% pour le seul mois d'août, avec plus de 792 000 passagers supplémentaires ce mois-là. C'est du jamais vu pour cet aéroport. Les riverains se plaignent du bruit supplémentaire engendré par cette hausse du trafic. L'aéroport, lui, promet de faire des efforts supplémentaires.

Un avion toutes les deux minutes

Les bons chiffres de l'aéroport de Toulouse-Blagnac sont notamment dus à un rebond du trafic international, dont l'actionnaire majoritaire chinois a toujours dit qu'il avait de fortes marges de progression. Le Collectif contre les nuisances aériennes de l'agglomération Toulouse (CCNAAT) affirme, qu'aux heures de pointe, il peut y avoir un avion toutes les deux minutes. "Ils sont de plus en plus gênants, parce qu'il y en a de plus en plus. Ils sont de plus en plus gros et ils passent de plus en plus la nuit", assure la présidente du CCNAAT, Chantal Beer-Demander. "Ils ont beau respecter tout ce qu'ils veulent, l'aéroport est dans la ville et il y a 100 000 personnes dans la ville." Selon elle, cela a des conséquences importantes sur la qualité de vie des Toulousains.

À chaque fois ils impactent du monde, ils réveillent des enfants, des personnes âgées, des gens qui vont bosser et c'est inadmissible.

Chantal Beer-Demander,
présidente du CCNAAT

à franceinfo

Jean-Michel Vernhes, le président du directoire de l'aéroport de Toulouse-Blagnac (ATB), n'est pas d'accord avec cette perception du bruit. "Les compagnies remplissent le plus possible les avions et volent avec des modèles d'avions un petit peu plus gros. Parallèlement, on a des vols d'essais d'Airbus et, cette année, ils sont assez nombreux compte tenu des programmes de certification en cours." Mais, d'après lui, pas de quoi en tirer des conclusions quant à une augmentation des nuisances sonores. "Les avions d'aujourd'hui font moins de bruit, même s'ils sont plus gros que les avions de l'an 2000. C'est une évidence."

Un trafic réduit sur des zones moins peuplées

Faux, d'après les riverains qui déposent plainte. "Un avion beaucoup plus gros, c'est un avion qui a besoin de plus de poussée donc qui est plus bruyant par nature", affirme Jérôme Favrel, ingénieur aéronautique et riverain de l'aéroport. "Si on compare des petits avions, comme ceux qu'on avait il y a quelques années, aux avions de taille moyenne, comme les A320 qu'on utilise à l'heure actuelle, on a une masse qui augmente de plus de 50% donc un besoin de plus de puissance et plus de bruit." Selon lui, la seule solution est de réduire le trafic et de faire passer les vols sur des zones peu peuplées. Les riverains demandent aussi à l'aéroport d'éviter les vols de nuit. Le message est bien reçu, mais Toulouse-Blagnac explique qu'avec les retards d'avions, il y aura toujours des vols jusqu'à 23h, voire 23h30.

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