Pourquoi les pilotes d'Air France poursuivent leur grève

Malgré le retrait du projet de compagnie low cost Transavia Europe, qui était au cœur du conflit, les syndicats de pilotes n'entendent pas lever leur préavis de grève, qui court désormais jusqu'au mardi 30 septembre. 

Un pilote d\'Air France manifeste, le 23 septembre 2014 à Paris, devant l\'Assemblée nationale.
Un pilote d'Air France manifeste, le 23 septembre 2014 à Paris, devant l'Assemblée nationale. (CITIZENSIDE / NICOLAS KOVARIK / AFP)

Jamais Air France n'a connu un conflit social aussi long. La grève des pilotes dure depuis douze jours et continue de clouer au sol la moitié des vols de la compagnie, vendredi 26 septembre. Samedi, à peine plus d'un vol sur deux sera assuré. Mais que réclament les grévistes, qui ont obtenu mercredi le retrait définitif de Transavia Europe ? Francetv info vous explique pourquoi les pilotes jouent les prolongations.

Ils craignent que Transavia ne supplante Air France

Les professionnels du ciel redoutent que Transavia France (14 avions aujourd'hui) ne prennent, à terme, le dessus sur la grande sœur, Air France, où les conditions de travail sont plus avantageuses. Et, surtout, "que demain Transavia devienne la norme d'embauche des pilotes et la porte d'entrée chez Air France", selon le deuxième syndicat de pilotes Spaf.

Or, le statut des pilotes d'Air France leur confère, notamment, des temps de récupération plus longs et une charge de travail moins élevé (600 heures de vol en moyenne par an) que les personnels naviguant dans les compagnies à bas coûts (700 à 800 heures).

"Aucun pilote d'Air France n'acceptera de partir chez Transavia si on lui impose la conclusion d'un nouveau contrat de travail Transavia". Inflexibles, les syndicats SNPL et Spaf n'entendent pas lever leur préavis de grève, qui court jusqu'au mardi 30 septembre, tant que des garanties ne leur seront pas apportées et accusent la direction d'être "responsable du pourrissement de la situation".

Ils veulent un "contrat unique" 

Si les syndicats semblent prêts à faire des concessions, ils réclament cependant un "contrat unique", explique une source proche du dossier, partagé par tous les pilotes du groupe Air France-KLM, avec des conditions de travail proches de celles en vigueur chez Air France.

Une exigence "totalement contraire" au projet Transavia France, a tranché le conseil d'administration de la compagnie aérienne franco-néerlandaise, réuni jeudi soir, qui a accordé son "plein soutien" à la direction. Impossible de faire du low cost, expliquent les dirigeants, en conservant les règles traditionnelles qui régissent les compagnies classiques.

AF-KLM, numéro deux européen derrière l'allemand Lufthansa, n'entend pas sacrifier ses ambitions dans le transport aérien à bas coût, où se nichent des "opportunités de croissance", selon le PDG d'Air France-KLM, Alexandre de Juniac. Son plan stratégique "Perform 2020", qui prendra en janvier le relais du plan de restructuration "Transform 2015", entend combler le retard pris face à Ryanair et easyJet, les deux poids lourds du secteur.