Grève à Air France : le SNPL ne signera pas le projet d'accord de la direction

Le président du syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), Philippe Evain, a estimé mardi sur franceinfo que la direction d'Air France "s'entête" et sa proposition est "un trompe-l'oeil".

Des avions Air France à l\'aéroport Paris Charles de Gaulle à Roissy (Val-d\'Oise), le 11 avril 2018.
Des avions Air France à l'aéroport Paris Charles de Gaulle à Roissy (Val-d'Oise), le 11 avril 2018. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

Les trois jours de négociations n'auront pas suffi. Le SNPL, principal syndicat de pilotes à Air France, a rejeté mardi 17 avril les propositions faites par la direction de la compagnie lundi soir. Avant les deux nouvelles journées de grève, mardi 17 et mercredi 18 avril, les dirigeants d'Air France ont proposé une hausse des salaires de 2% pour 2018, puis de 5% entre 2019 et 2021.

"Hypothéquer l'avenir" d'Air France

Le syndicat de pilote ne signera pas le projet d'accord de la direction. "C'est absolument impossible", a affirmé sur franceinfo Philippe Evain, président du SNPL. Pour lui, la direction d'Air France "s'entête" et sa proposition est "un trompe-l'oeil". "Nous avons perdu environ 6% de pouvoir d'achat", a estimé le syndicaliste, arguant du gel des salaires dans l'entreprise depuis 2011. "La direction nous propose 2%" et, selon Philippe Evain, elle veut "hypothéquer l'avenir en fixant à l'avance les augmentations du futur".

"Le compte n'y est pas", a estimé le pilote un peu plus tôt sur France Inter. L'intersyndicale demande une augmentation générale et immédiate de 5,1%, qui permettrait, selon elle, de compenser le gel des salaires en place depuis 2011.

La grève non seulement va se poursuivre, mais bien entendu elle risque de se durcir. C'est immanquable.Philippe Evain président du SNPLà France Inter

L'intersyndicale doit se réunir dans les jours. En attendant, les préavis déposés pour les 18, 23 et 24 avril sont maintenus. La direction d'Air France attend une réponse à sa proposition d'ici vendredi midi. Elle estime que ses propositions sont "fortes et économiquement soutenables". Jusqu'à maintenant elle n'acceptait qu'une augmentation des salaires de 1% en 2018, puis de 3,6% lissés entre 2019 et 2021.

"Les grèves en cours ont de lourdes conséquences pour l’entreprise, écrit la direction d'Air France dans un communiqué, elles mettent en péril l’avenir de la compagnie." Elle estime que le préjudice financier des neuf premiers jours de grève, 18 avril inclus, s'élève à 220 millions d'euros. Air France prévoit d'assurer mardi 70% de ses vols mais seulement 55% de ses long-courriers.