Policiers jugés pour violences : "Il peut y avoir eu des violences illégitimes", reconnait le syndicat des commissaires

David Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale, a réagi aux propos du procureur de la République de Paris qui estime que certains policiers pourront être renvoyés en correctionnelle. 

Des CRS lors d\'une manifestation des \"gilets jaunes\" à Paris, le 25 mai. Photo d\'illustration.
Des CRS lors d'une manifestation des "gilets jaunes" à Paris, le 25 mai. Photo d'illustration. (SADAK SOUICI / LE PICTORIUM / MAXPPP)

"Je ne nie pas le fait qu'il y a des violences illégitimes. Mais ne mélangeons pas l'usage de la force légale et les violences illégitimes", alerte vendredi 31 mai sur franceinfo David Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale. Il réagissait aux déclarations du procureur de la République de Paris, Rémy Heitz, annonçant que des policiers seront renvoyés au tribunal correctionnel dans le cadre des violences policières lors des manifestations de "gilets jaunes".

"Il faut être lucide. Après six mois de crise intense de "gilets jaunes", il peut y avoir eu des violences illégitimes. Ça veut dire que les policiers sont des justiciables comme les autres, qu'ils sont renvoyés en correctionnelle pour aller répondre de leurs actes, ça ne fait pas d'eux des coupables, ça fait d'eux des justiciables", a déclaré David Le Bars. "Les policiers sont légitimement habilités à faire usage de la force, et si on doit jouer sur les mots, on peut appeler ça violences, mais cette violence-là est organisée dans le cadre légal du maintien et du rétablissement de l'ordre", a-t-il ajouté.

Selon David Le Bars, le procureur de la République de Paris veut "couper les polémiques qui pourraient laisser croire que les policiers sont intouchables ou impunis lorsqu'il y a des violences illégitimes, par exemple un tir tête au LBD s'il est établi que ce tir a été intentionnel". Selon le secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale, ce type d'acte "devra faire l'objet d'une audience correctionnelle ou criminelle, et les policiers répondront de ces actes-là", affirme-t-il.