Loi "anti-casseurs" : un camouflet pour le gouvernement ?

Le Conseil constitutionnel a décidé de censurer un article phare de la loi "anti-casseurs". Celle-ci avait été portée par le Premier ministre.

Le Conseil constitutionnel a censuré l'article permettant des interdictions administratives de manifester dans la loi "anti-casseurs". Cette censure est-elle un camouflet pour l'exécutif ? "Tout dépend de qui parle-t-on, le président de la République échappe évidemment à ce camouflet, car c'est lui qui a saisi le Conseil constitutionnel, en revanche, c'est clairement un revers pour le Premier ministre. Matignon l'admet à demi-mot. Car c'est Édouard Philippe qui, en janvier dernier, avait dégainé cette loi "anti-casseurs" afin d'éviter les débordements à répétition lors des manifestations des "gilets jaunes"", explique Valérie Astruc, cheffe adjointe du service politique de France 2, en direct de l'Élysée (Paris).

Un désaveu pour Édouard Philippe

"La mesure avait aussi pour fin d'envoyer un message sécuritaire à la droite. Jeudi 4 avril au soir, Matignon souligne qu'Édouard Philippe est un homme d'ordre et que les autres articles de la loi sont validés, ce qui va donner de nouveaux moyens aux policiers. Il n'empêche, après le désaveu sur le 80km/h qu'Édouard Philippe avait voulu mettre en place, cette censure constitue une nouvelle déconvenue pour le Premier ministre", conclut Valérie Astruc.

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Edouard Philippe, le 18 mars 2019. 
Edouard Philippe, le 18 mars 2019.  (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)