"Gilets jaunes" : "Les forces de l'ordre sont au bout du rouleau", assure Yves Lefebvre du syndicat Unité-SGP Police FO

Pour le secrétaire général de Police FO, il faut qu'Emmanuel Macron "comprenne" que "la police est exténuée", face aux manifestations multiples et récurrentes. 

Yves Lefebvre, secrétaire général du syndicat Unité-SGP Police FO, lors d\'une rencontre à l\'Elysée le 26 octobre 2016.
Yves Lefebvre, secrétaire général du syndicat Unité-SGP Police FO, lors d'une rencontre à l'Elysée le 26 octobre 2016. (LEON TANGUY / MAXPPP)

"J'en appelle au gouvernement pour négocier sans délai avec les représentants pacifiques, tant des organisations syndicales que des "gilets jaunes", a déclaré samedi 1er décembre sur franceinfo Yves Lefebvre, secrétaire général du syndicat Unité-SGP Police FO. 

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Les manifestations sont nombreuses aujourd'hui. À Paris, en plus des "gilets jaunes", les forces de l'ordre doivent gérer la manifestation contre le chômage, celle des lycées, et celle des cheminots. 

franceinfo : Comment gérez-vous toutes ces manifestations ?

Yves Lefebvre : Les forces de l'ordre sont au bout du rouleau aujourd'hui. À une semaine d'intervalle, on est confrontés à des violences extrêmes. En province, on a des points de rassemblements relativement calmes mais mes collègues sont déployés quasiment 24 heures sur 24. On n'en peut plus. On est au bout du rouleau. J'en appelle au gouvernement à négocier sans délai avec les représentants pacifiques, tant des organisations syndicales que des gilets jaunes. Il faut que ça cesse, que le président de la République comprenne que sa police, la dernière barrière face à ces mouvements sociaux, est exténuée. C'est bien que Christophe Castaner vienne nous saluer, mais il faut qu'ils comprennent eux que nous, on ne pourra pas faire plus que ce qu'on a déjà fait.

En bloquant les Champs-Elysées n'a-t-on pas simplement repoussé le problème ?

On n'atteindra jamais le risque zéro. On arrive à 60% des interpellations de samedi dernier en fin de journée. Donc, ça prouve bien que les points de filtrage ont été bien faits. Maintenant, on savait. Samedi dernier, le maintien de l'ordre a été extrêmement mal géré. Aujourd'hui, je considère qu'il est bien géré sauf qu'on a une multitude de groupes qui se dispersent et on va être à la courette derrière eux. Cela va imposer des déplacements et encore plus de travail à mes collègues.

Face au manque de moyens, appelez-vous les forces de l'ordre à mettre les gilets jaunes ?

Non. Entendons-nous bien et distinguons deux choses. Le policier a une mission régalienne à faire : assurer la sécurité de ses concitoyens et assurer la sécurité des manifestants pacifiques. Aujourd'hui, on est dans une mission de police qu'on se doit d'assurer à tout prix. Par contre, si vous me posez la question de savoir si le citoyen que je suis, comme une immense majorité de base, partage une revendication légitime des "gilets jaunes", je vous dis oui, bien évidemment parce qu'on est touchés en premier lieu. On a une pression du travail, on a des heures à n'en plus finir, des conditions de travail qui sont particulièrement dangereuses et on voit notre pouvoir d'achat baisser mois après mois.