Les préfets évoquent un climat d'"exaspération" et de "colère"

Une synthèse des préfets relayée par "Le Figaro" fait état d'un risque d'"explosion sociale".

Des panneaux démontés et rassemblés à Chartres (Eure-et-Loir), le 12 novembre 2013, en protestation contre l\'écotaxe pour les poids lourds.
Des panneaux démontés et rassemblés à Chartres (Eure-et-Loir), le 12 novembre 2013, en protestation contre l'écotaxe pour les poids lourds. (GUILLAUME SOUVANT / AFP)

Les préfets alertent les pouvoirs publics sur l'état de colère et d'exaspération de la société française, dans une synthèse dont Le Figaro publie, jeudi 14 novembre, de larges extraits.

Selon le quotidien, cette synthèse de quatre pages, datée du 25 octobre, dresse le tableau d'une société dans laquelle "la fiscalité est devenue le principal moteur de la contestation de l'action gouvernementale", comme on l'a vu ces dernières semaines en Bretagne avec la fronde anti-écotaxe.

Une situation sociale qui laisse "peu de place à l'optimisme"

"Partout sur le territoire, les préfets dressent le même constat d'une société en proie à la crispation, à l'exaspération et à la colère", lit-on dans cette note. La contestation de l'action gouvernementale est devenue un élément fédérateur de mécontentements et de revendications de plus en plus exprimés hors du cadre syndical, soulignent les représentants de l'Etat dans les départements, selon qui "la situation sociale laisse peu de place à l'optimisme".

Ils précisent que la fronde contre la taxe poids lourd ne se limite pas à la Bretagne et s'étend à au moins 23 départements. Ils demandent implicitement l'autorisation de démonter les portiques routiers, permettant de prélever l'écotaxe, avant qu'ils ne soient tous détruits.

"Les ferments d'une éventuelle explosion sociale"

Selon Le Figaro, le secrétariat général du ministère de l'Intérieur évoque un risque d'extension de la fronde malgré les concessions du gouvernement, dont la suspension de cette taxe écologique et les aides promises à la Bretagne. Au point que "la plupart des responsables politiques s'expriment désormais en faveur d'un moratoire".

Mais la synthèse décrit un "accablement" et un climat de tension qui vont au-delà de la question de la taxe poids lourd. "Face à l'accumulation (des) mauvaises nouvelles, il règne un climat douloureux, un sentiment d'accablement qui empêche de se projeter dans un avenir meilleur", lit-on dans un extrait publié par le journal. "C'est sur ce terreau que prospèrent les ferments d'une éventuelle explosion sociale."