Hollande souhaite l'expérimentation de l'écotaxe en Alsace-Lorraine

Ces deux régions favorables au dispositif  actuellement abandonné au niveau national.

François Hollande, lors de la visite de l\'usine ArcelorMittal à Florange (Moselle), le 24 novembre 2014. 
François Hollande, lors de la visite de l'usine ArcelorMittal à Florange (Moselle), le 24 novembre 2014.  (PHILIPPE WOJAZER / AFP)

François Hollande a profité d'un déplacement en Lorraine lundi 24 novembre pour proposer une "expérimentation" de l'écotaxe en Alsace-Lorraine, deux régions favorables au dispositif abandonné au niveau national, et donner des garanties sociales aux salariés d'Ecomouv'.

"Je sais ce que supportent ces deux régions [l'Alsace et la Lorraine] avec le trafic poids lourds en provenance de l'étranger. Il y aura donc discussion (...). Une expérimentation peut être envisagée si les élus en décident et si elle est compatible avec nos engagements européens", a déclaré le président dans un entretien au Républicain lorrain et à l'Est républicain paru lundi.

L'écotaxe n'est pas abandonnée, seulement le contrat avec Ecomouv' 

En octobre, le gouvernement avait reporté sine die la mise en place de l'écotaxe, l'une des mesures phares du Grenelle de l'Environnement, en raison notamment d'une forte opposition des transporteurs routiers. L'Etat a ensuite résilié son contrat avec la société privée Ecomouv', qui devait se charger de mettre en oeuvre et de collecter cette taxe sur les poids lourds.

A Paris, Ségolène Royal a tenu à clarifier les choses : le principe de l'écotaxe n'est pas abandonné, malgré la suspension du contrat qui liait l'Etat à Ecomouv'. La décision du gouvernement prise le mois dernier est "la suspension du contrat avec Ecomouv' qui n'est pas la suspension de l'écotaxe et certainement pas la suspension non plus du principe pollueur/payeur", a déclaré la ministre de l'Ecologie. 

L'Alsace notamment avait plaidé, dès 2005, pour expérimenter une taxe poids lourds sur son territoire, pour éviter un surplus de trafic de transit sur son axe nord-sud après la mise en place d'une taxe similaire par l'Allemagne voisine.  "On peut réfléchir" à une expérimentation régionale "parce qu'on a toujours ce différentiel de trafic avec l'Allemagne", a réagi Philippe Richert, le président UMP de la région Alsace. Cependant, "l'introduire maintenant alors que l'ensemble du pays est en crise, que nos transporteurs sont dans une situation délicate, ça me paraît un peu compliqué", a-t-il estimé.

Hollande à la rencontre des salariés d'Ecomouv'

François Hollande a rencontré lundi à Metz une délégation de représentants du personnel d'Ecomouv'. Le président a réitéré sa promesse d'assurer aux quelque 200 salariés de la société, dont 157 sont basés à Metz, "une transition d'un an avec garantie de salaire", en attendant que des solutions de reclassement leur soient proposées.

"Des discussions sont en cours avec l'actionnaire pour trouver les moyens de les maintenir dans l'emploi, de leur garantir leurs salaires à court terme et de les orienter professionnellement à plus long terme", a-t-il poursuivi en substance, selon son entourage, rappelant que "des bilans individuels de compétences vont être effectués pour chacun d'entre eux""C'est plutôt positif", s'est félicité Olivier Kamiri, représentant CGT des salariés d'Ecomouv'. Une expérimentation régionale de l'écotaxe est une piste de reclassement sur laquelle "l'Etat va travailler", tout comme la proposition de la CGT Cheminots de réaffecter les salariés d'Ecomouv' à la SNCF Lorraine, selon Olivier Kamiri.