Collision entre un TER et un TGV : plusieurs hypothèses

La collision jeudi entre un TGV et un TER dans les Pyrénées-Atlantiques a fait 40 blessés, dont deux sont toujours dans un état grave. Pascal Aubin, secrétaire général du syndicat First et ancien agent chargé de la régulation, voit trois causes possibles à cet accident.

(Le TGV, qui roulait à environ 30 km/heure a été percuté par le TER, qui arrivait derrière lui à plus de 100 km/heure © SNCF)

Comment expliquer la collision, peu après 17h30 jeudi près de Pau, d’un TER et d’un TGV circulant sur la même voie, mais à des vitesses très différentes ? Selon le directeur général de la SNCF, Alain Krakovitch, un signal resté en rouge en permanence pourrait avoir entrainé l’accident.

"Quand un feu reste au rouge, il faut tout de suite intervenir et réguler la vitesse, ce qui s'est passé pour le TGV mais pas pour le TER. Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Qu'a vu le conducteur du TER ? Pourquoi a-t-il cru qu'il pouvait rouler à vitesse normale, alors que le TGV non ? C'est tout cela que l'enquête devra démontrer ", a-t-il expliqué. Une conférence de presse est prévue en fin d'après-midi au siège de la compagnie ferroviaire à Saint-Denis.

Le problème de signalisation n'est pas la seule explication possible

Cet accident de trains qui se percutent par l’arrière sur une même voie de circulation est décrit comme "extrêmement rare" par les professionnels du rail et pas moins de trois enquêtes sont en cours pour tenter de faire la lumière sur les causes exactes de cette collision.

Bernard Aubin, secrétaire général du syndicat First, voit trois causes possibles à cet accident.
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Sur France Info, Bernard Aubin, secrétaire général du syndicat First et ancien agent chargé de la régulation, évoque trois causes possibles. La première liée effectivement à un dysfonctionnement de la signalisation qui pourrait être lié à la chaleur. Si c’est le cas, le conducteur du TER "aurait eu une indication de voie libre " l’incitant à ne pas baisser sa vitesse, alors que celui du TGV qui le précédait aurait eu un signal lui indiquant au contraire de ralentir. Deuxième hypothèse, le TER n’a pas pu s’arrêter à temps. Dans ce cas, le problème viendrait de son système de freinage. Troisième cause possible, celle de l’erreur humaine. "Toutes les indications portées par les signaux auraient alors été normales mais il y aurait eu une confusion de la part du conducteur du TER ", indique Bernard Aubin.

La piste d’un problème de maintenance des dispositifs de signalisation est cependant la plus largement évoquée aujourd'hui. Dans cette hypothèse, privilégiée par le secrétaire d'Etat aux Transports Frédéric Cuvillier,  "les responsabilités seraient partagées" , explique Bernard Aubin, car le réseau appartient à RFF (Réseau Ferré de France) mais la maintenance est effectuée par des cheminots de la SNCF.

Le précédent Brétigny n’évitera pas tous les accidents

Presque un an jour pour jour après la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge, qui avait fait sept morts le 12 juillet 2013 dans le déraillement du train Intercités 3657 Paris-Limoges, "il est logique, quand on se place du côté de l’usager, que ça interpelle ", reconnaît Bernard Aubin. "Mais il faut quand même distinguer les choses ", poursuit-il. "A Brétigny, les causes ont été prouvées, avérées. En investissant un peu plus sur le réseau, en employant un peu plus de cheminots à la maintenance, on sait que ça va marcher mieux. Maintenant, ce ne sera pas la parade à des accidents comme celui qu’on vient de connaître plus récemment entre le TER et le TGV ", explique-t-il.