Abandon du projet de rachat des Chantiers de l'Atlantique : "On voulait croire à l'issue de ce mauvais feuilleton", se félicite Force Ouvrière

Le projet de rachat des Chantiers de l'Atlantique par le groupe italien Fincantieri a été abandonné d'un commun accord, ont annoncé mercredi les gouvernements italien et français.

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Radio France
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Un employé se promène sur le site du chantier naval français "Chantiers de l'Atlantique" à Saint-Nazaire, le 7 janvier 2021. (LOIC VENANCE / AFP)

Nathalie Durand-Prinborgne, déléguée Force Ouvrière aux Chantiers de l’Atlantique, se réjouit mercredi 27 janvier sur franceinfo de l'abandon du projet de vente des Chantiers à Fincantieri. Son syndicat le défendait depuis 2017 : "On voulait croire à l'issue de ce mauvais feuilleton, explique Nathalie Durand-Prinborgne. Quand une opération doit se faire, elle se fait beaucoup plus rapidement", détaille-t-elle.

La Commission européenne s'inquiétait de la concentration du marché

Alors que le communiqué des deux parties met en avant comme justification à cet arrêt du rachat le contexte économique très incertain, la syndicaliste souligne que "le rachat aurait pu être fait dès 2017 ou 2018, alors que le contexte de l'époque n'était pas celui d'aujourd'hui", explique Nathalie Durand-Prinborgne.

"On sait que la Commission européenne avait été alertée, elle disait que Fincantieri ne transmettait pas les documents nécessaires au rachat. Les Italiens disaient que c'était la faute de la Commission, et l'Etat français se disait toujours prêt à vendre" explique la syndicaliste.

"Clairement, depuis un mois, on a l'impression que tous les acteurs cherchaient à se sortir de cette affaire la tête haute, sans prendre la responsabilité de l'échec."

Nathalie Durand-Prinborgne, déléguée Force Ouvrière

à franceinfo

Nathalie Durand-Prinborgne évoque plusieurs craintes qu'avait son syndicat avec ce rachat, désormais avorté : "On craignait le contrat de transfert de technologie avec le chantier chinois CSSC." La déléguée FO des Chantiers redoutait aussi "une perte de gouvernance" pour le site et "des postes en doublon : Fincantieri sait fabriquer des paquebots, (en cas de rachat) ils n'avaient peut-être pas besoin de garder tout le bureau d'études" français.

Ce rachat avorté est donc un soulagement pour Nathalie Durand-Prinborgne. Malgré la situatuion économique, la syndicaliste assure que le carnet de commandes des Chantiers "est assuré jusqu'en 2025 pratiquement. C'est déjà une visibilité pas si mauvaise. La situation économique fait qu'il y a des options sur certaines commandes, on ne sait pas si elles seront confirmées avec la crise. Si c'est le cas, nous avons de la visibilité sur les dix ans à venir, on n'a jamais connu depuis des décennies", conclut la déléguée FO.

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