Pouvoir d'achat : les quatre raisons d'une chute record

La chute a été de 0,9% l'an dernier, selon l'Insee.

Dans un supermarché de Hérouville-Saint-Clair (Calvados), le 26 février 2013.
Dans un supermarché de Hérouville-Saint-Clair (Calvados), le 26 février 2013. (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

Le pouvoir d'achat des ménages français a enregistré une baisse record de 0,9% en 2012, a annoncé mercredi 15 mai l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Fin mars, l'Institut avait estimé ce recul à 0,4%, ce qui était déjà une première. L'Insee a également revu la baisse de 0,4% de la consommation des ménages l'an dernier, précédemment évaluée à 0,1%.

Il s'agit du premier recul du pouvoir d'achat depuis 1984, année qui avait suivi le tournant de la rigueur lors du premier septennat de François Mitterrand. Quelles sont les raisons invoquées pour justifier cette nouvelle baisse ? 

Des hausses d'impôts

Selon l'Insee, cette baisse inédite s'explique en partie par la forte hausse des impôts (+10% en 2012, après +6,6% en 2011), elle-même justifiée par la politique de redressement des finances publiques.

Les Français ont bien senti le poids de ces mesures sur leur porte-monnaie. Selon une enquête réalisée fin avril par 60 millions de consommateurs/Mediaprism sur la baisse du pouvoir d'achat, 71,6% des personnes interrogées ont montré du doigt l'augmentation des impôts et taxes. 

Des hausses de prélèvements sociaux

Par ailleurs, la hausse des cotisations salariales et la suppression des exonérations sur les heures supplémentaires "ont aussi contribué à grignoter le pouvoir d'achat des salariés", rappelle Le Figaro.

"L'effort sans précédent du gouvernement pour tenter de contenir le déficit public s'est en effet traduit par une hausse des impôts et des prélèvements sociaux de près de 16 milliards d'euros", poursuit le site du quotidien.

Une augmentation des revenus trop faible

Selon les calculs de l'Insee, "la masse salariale nette reçue par les ménages ralentit à +1,6%, après +2,5% en 2011". Ce ralentissement frappe également les revenus des entrepreneurs (+1,7%, après 2,7%), explique l'institut. Etant donné que "seules les prestations sociales constituent un facteur d’accélération du revenu (+0,4 point)", ce dernier n'a augmenté que de 0,9% en valeur (après +2,7% en 2011).

Des prix de plus en plus élevés

Les Français sont également nombreux à se plaindre du coût de la vie, voire à faire quotidiennement de plus en plus de sacrifices. Et pour cause : en 2012, les prix à la consommation ont augmenté de 0,7%, calcule l'Insee.

Et même si les prix se replient de -0,1% en avril, l'institut note que les prix de certaines catégories de biens ont flambé. C'est le cas des produits alimentaires, dont les prix ont augmenté de 1,7% sur un an.