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En 2020, la facture d'électricité s'élèvera à 1 300 euros par an pour un ménage

Un rapport sénatorial estime que les Français dépenseront en 2020 50% de plus pour leur électricité qu'en 2011.

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France Télévisions
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Un rapport sénatorial estime que les Français dépenseront en 2020 50% de plus pour leur électricité qu'en 2011, en raison notamment des coûts d'entretien de la filière nucléaire. (DIRK WAEM / BELGA / AFP)

Une augmentation spectaculaire. La facture moyenne d'électricité d'un ménage français va s'alourdir de 50% d'ici 2020 et atteindre 1 307 euros par an, contre 874 euros en 2011, à cause des investissements élevés des énergies renouvelables et ceux croissants du nucléaire, selon un rapport de sénateurs présenté mercredi 18 juillet. "Se pose aujourd'hui la question d'énormes investissements, on peut parler de 400 milliards d'euros à horizon de 20 ans", souligne le rapporteur écologiste de cette commission, Jean Desessard.

Sur l'augmentation de 433 euros attendue sur la facture (qui est hors TVA), 28% viendra de la taxe dite CSPE (qui inclut notamment les tarifs d'achats subventionnés des énergies renouvelables), 37% des réseaux électriques et 35% de la production d'électricité elle-même. Il ressort des évaluations des sénateurs que les coûts de l'électricité nucléaire française sont encore sous-évalués : en incluant les travaux de maintenance post-Fukushima, la commission les évalue à 54,2 euros par mégawattheure.

Ce chiffre représente plus que l'évaluation du rapport de référence publié par la Cour des comptes au début de l'année (49,5 euros) et plus que le prix de l'accès régulé à l'électricité nucléaire historique (ARENH), c'est-à-dire le prix officiel du courant nucléaire, qui est de 42 euros depuis le 1er janvier.

Encore des "incertitudes"

Le rapport, comme celui de la Cour des comptes publié au printemps, relève aussi des "incertitudes" supplémentaires notamment sur le démantèlement, les coûts d'assurances pour un accident ou les frais de recherches publiques. Des coûts qui porteraient le total à 75 euros du mégawattheure, même si la commission s'est refusée à effectuer officiellement cette addition "parce qu'on n'a pas voulu rajouter des incertitudes aux incertitudes", selon Jean Desessard.

Les travaux de la commission, présidée par le sénateur UMP Ladislas Poniatowski, ont été adoptés par tous les membres à l'exception des communistes qui ont voté contre, dénonçant une logique de "justification de l'augmentation du coût de l'électricité". Des sujets sensibles comme l'avenir du nucléaire ont aussi été évacués en annexes, et n'ont pas fait l'objet d'un vote, ont précisé les membres de la commission.

L'éolien, une filière "compétitive"

Côté énergies renouvelables, les sénateurs relèvent que l'éolien terrestre est "d'ores et déjà une filière mature et compétitive", avec un prix de 82 euros du mégawattheure. L'éolien en mer reste beaucoup plus cher (plus de 220 euros) tandis que le photovoltaïque culmine toujours entre 229 et 371 euros, même si on est redescendu de sommets de 580 euros du fait du tour de vis sur les tarifs d'achat.

La France, qui s'est engagée à atteindre 23% d'électricité renouvelable en 2020 (contre 13% l'an passé), reste l'un des pays les moins chers d'Europe pour l'électricité. Mais les sénateurs soulignent que la consommation étant plus élevée, la facture totale se retrouve gonflée par rapport à nos voisins. Les économies d'énergie, le stockage d'électricité et les réseaux intelligents sont considérés comme les pistes pour alléger les factures.

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