Ford Blanquefort : "De l'espoir et du stress", réagit un délégué CGT après le rejet du plan de sauvegarde de l'emploi

Selon Vincent Alauze, délégué CGT chez Ford, à Blanquefort, la décision de la Direction du travail donne un répit aux salariés et au repreneur potentiel pour étoffer son projet en Gironde. 

L\'entrée du site Ford à Blanquefort (Gironde), le 11 décembre 2018
L'entrée du site Ford à Blanquefort (Gironde), le 11 décembre 2018 (ALEXANDRE BARLOT / RADIO FRANCE)

"On vit avec une épée de Damoclès depuis trop longtemps. On est prêt à un mois de stress en plus pour avoir une bonne nouvelle à la fin", a réagi Vincent Alauze, délégué CGT à Blanquefort (Gironde), après le rejet lundi 28 janvier du plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) de Ford, par la Direction du travail. C'est une "une bonne nouvelle", a-t-il ajouté. 

Du temps pour le repreneur potentiel

"Cela nous laisse un espoir et aussi du stress", a poursuivi le syndicaliste, également élu au comité d'entreprise. Les salariés comptaient sur ce rejet pour laisser du temps au repreneur potentiel, la société franco-belge Punch-Powerglide, d'affiner son offre. "À Punch de faire la démonstration de sa capacité à amener de l'activité industrielle sur le site", a insisté Vincent Alauze.

Les représentants du personnel attendent "une lettre d'intention d'un client, d'un constructeur". Le plan de reprise de Punch-Powerglide prévoit "la reprise d'entre 300 et 400 emplois" immédiatement, et "d'ici 2026, d'en amener d'autres, plus de 1 000", a précisé Vincent Alauze. L'élu de la CGT a estimé que les salariés auront confiance "quand ils auront la démonstration devant eux qu'il y a un client, du boulot, l'assurance d'une activité pour au moins dix ans"

Un "appel à la raison" lancé à Ford

Selon Vincent Alauze, Ford "peut toujours refuser la reprise", même s'il y a une lettre d'intention d'un constructeur. Mais il conseille de "bien réfléchir et de permettre la reprise". "On ira devant les tribunaux" si l'offre de reprise est viable,a assuré le syndicaliste, qui en "appelle à la raison". Le délégué CGT a demandé à Punch-Powerglide de faire "la démonstration qu'il amène son activité. Cela poussera Ford dans ses derniers retranchements". Et si le constructeur américain ferme quand même, "cela en dira long sur ce qu'est cette multinationale, humainement. Ce sera la démonstration de ce que sont ces gens-là : des rapaces capitalistes".