Pourquoi les soldes risquent de ne pas faire recette

Les bonnes affaires ont débuté, ce mercredi matin, jusqu'au 4 août. Mais les clients pourraient ne pas être au rendez-vous. 

Les soldes d\'été commencent au Printemps du boulevard Haussmann à Paris (Ile-de-France), le 24 juin 2015.
Les soldes d'été commencent au Printemps du boulevard Haussmann à Paris (Ile-de-France), le 24 juin 2015. (MAXPPP)

Les vêtements sont rangés par couleur et les étiquettes sont barrées de pourcentages alléchants. Pas de doute, les soldes d'été sont lancés, depuis mercredi 24 juin et jusqu'au 4 août, dans la majeure partie du pays. Comme chaque année, les clients sont invités à venir chercher les bonnes affaires. Mais la cuvée 2015 ne s'annonce pas sous les meilleurs auspices. Explications.

Les Français ne sont pas motivés

Un sondage de l'Ifop pour le spécialiste de la mode en ligne Spartoo a jeté un froid, peu avant le coup d'envoi des soldes. Cette enquête annuelle sur les intentions d'achat des Français montre que seulement 58% d'entre eux comptent y participer, souligne Le Figaro. Il s'agit d'une chute de 24 points par rapport à juin 2014. L'année dernière, ils étaient 82% à souhaiter chasser les bonnes affaires. Le climat n'est donc pas franchement à faire les boutiques. 

En outre, peu vont se précipiter dans les magasins pour la première démarque, notent Les Echos, en se basant sur une étude réalisée par Brandalley. Seuls 27% des sondés estiment que le premier jour des soldes est intéressant. Le reste préfère attendre la deuxième voire la troisième démarque. Pourtant, comme l'explique Europe1.fr, c'est dans les quatre premiers jours que se joue la réussite des soldes. 

Des périodes de promotions ou de ventes privées séduisantes

Malgré la disparition des deux semaines de soldes flottants, par un décret du 11 mai 2015, les soldes ne sont plus la période tant attendue pour les consommateurs. Et pour cause : quasiment toutes les boutiques font désormais profiter à leurs clients de nombreuses périodes pour faire de bonnes affaires, grâce aux ventes privées, aux promotions ou aux pré-soldes. Des baisses de prix de 50% y sont souvent pratiquées. 

Ces périodes de rabais "ont pour but d'attirer le chaland et d'accélérer les flux de ventes", observe Claude Boulle, président exécutif de l’Union du grand commerce de centre-ville, dans Le Monde. Mais elles font aussi baisser l'intérêt des clients pour les "vrais" soldes. Interrogée sur Europe 1, Patricia Romatet, directrice d’études à l’Institut français de la mode (IFM), insiste sur cette donnée en évoquant "une dilution des soldes à cause de la multiplication des ventes privées juste avant les soldes".

Les boutiques boudées au privilège des sites de vente en ligne

Les propriétaires de commerces de proximité pourraient aussi faire grise mine, cette année. Selon une étude de l'institut Toluna, réalisée pour le magazine LSA et relayée par le site du Point, près d'une personne interrogée sur deux (49%) envisage d'éviter la foule des magasins et de réaliser ses achats sur internet. 

Le sondage montre aussi que 43% des sondés souhaitent se rendre dans les centres commerciaux pour dépenser de l'argent, alors que seulement 37% souhaitent faire les soldes dans les boutiques des centres-villes.