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Retraites complémentaires : le Medef fait de nouvelles propositions

Les discussions sur l’avenir des retraites complémentaires des salariés et des cadres ont repris ce vendredi matin. Le patronat et les syndicats ont jusqu’à fin 2015 pour trouver un accord qui sauverait les régimes Agirc et Arrco de la faillite. Le patronat est arrivé avec de nouvelles propositions.
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Radio France
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 (Retraites complémentaires : les nouvelles négociations s'annoncent compliquées © MaxPPP)

Face à une négociation totalement bloquée depuis huit mois le patronat est arrivé avec un nouveau texte et de nouvelles propositions. La nouvelle avancée concerne la façon dont les entreprises vont contribuer au redressement des finances des caisses complémentaires, Agirc (cadres) et Arrco (ensemble des salariés). Jusqu’ici le Medef ne voulait pas entendre parler d’une hausse des cotisations patronales, mais finalement il en accepte le principe avec une petite augmentation. En contrepartie, les salariés sont fortement incités à travailler plus longtemps avec à la clé un nouveau système de bonus-malus.

Un dispositif incitatif

Un salarié qui partirait à 62 ans avec tous ses trimestres verrait sa pension complémentaire baisser pendant les trois premières années : 15% la première, 12% la deuxième, et 10% la troisième. S’il acceptait de partir à 63 ans, il échapperait au malus et s’il acceptait de partir à 65 ans, il verrait sa pension augmenter de 10%.

Pour Claude Tendil, le négociateur du Medef, ce nouveau système est incitatif, et il ne s’agit pas d’une remise en cause de l’âge légal.

"Il faut qu’on envisage tous les leviers y compris celui de l’âge", explique Claude Tendil à Sarah Lemoine
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Des négociations difficiles

Dans les couloirs du Medef, on sent que certaines lignes pourraient bouger, même si rien n’est encore fait. "Cela commence un peu à bouger. Je pense qu’on est encore assez loin du compte. Il faut qu’on lise le détail et qu’on évalue si cet effort est suffisant. Il y a un pas qui est fait et j’espère que cela va bouger ", explique Jean-Louis Malys, négociateur CFDT.

Pour obtenir un accord incontestable, le Medef doit obtenir l’appui d’au moins trois syndicats, dont celui de la CFTC, mais pour l’heure rien n’est gagné. Pour Pascale Coton, secrétaire générale nationale de la CFTC, les mesures d’âge proposées par le Medef sont inacceptables.

"Nous refusons l’offre du Medef qui dépasse l’âge légal", explique Pascale Coton, secrétaire générale nationale de la CFTC
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Des réticences il y en a aussi du côté de la CGT qui s’inquiète de l’impact des propositions du Medef pour les femmes, mais aussi pour les chômeurs.

"La logique est de repousser l’âge de départ en retraite", estime Eric Aubin de la CGT
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Si les syndicats sont à l'écoute, rien n’est acquis pour le moment et les discussions restent difficiles.

Sans mesures correctrices, les pensions des retraités du privé pourraient être amputées de 10% à partir de 2019. Dans ce cas, le gouvernement pourrait reprendre la main et décider lui-même des mesures qui s’imposent. Il s’agirait d’une première dans la gestion des retraites complémentaires.

 (Le trou des retraites complémentaires)
 

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