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Vidéo Réforme des retraites : "Les parlementaires sont ramenés à des godillots, à des serpillières", affirme Alexis Corbière

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Le député de La France insoumise conteste la façon dont le débat autour de la réforme des retraites se déroule.

"Les parlementaires sont ramenés à des godillots, à des serpillières", a estimé Alexis Corbière, député La France insoumise (LFI) de Seine-Saint-Denis, samedi 8 février. Il déplore la façon dont les députés doivent débattre du projet de réforme des retraites. "On nous a donné vendredi dernier l'étude d'impact, un document qui fait 1 000 pages. Et à partir de lundi, on est censés commencer à travailler. Impossible pour un parlementaire, pour aucun des 'Playmobil LREM'. J’en ai assez de ces gens qui font semblant de maîtriser ce document, ils ne le maîtrisent pas."

On joue avec les députés pendant un mois, mais, en vérité, l’essentiel sera précisé par des ordonnances, par le gouvernement, par la suite.

Alexis Corbière

à franceinfo

"Le Conseil d’État dit que les parlementaires ne connaissent pas les variables de fixation du point, c’est-à-dire qu’on travaille à l’aveugle. Il y a une conférence de financement qui va se terminer en avril, et les parlementaires vont voter en février. Tout ça est scandaleux", estime l'élu.

Au total, 22 000 amendements ont été déposés à l'Assemblée, dont 19 000 par La France insoumise. Alexis Corbière estime que c’est une manière de transposer le combat de la rue à l’Assemblée. "Cette grande protestation qui existe dans le pays, qui prend des formes symboliques, doit aussi s’entendre à l’Assemblée de manière spectaculaire", poursuit le député.

Je fais de l’obstruction contre une volonté de destruction. Je ne veux pas que quelque chose soit détruit, je défends un acquis social.

Alexis Corbière

à franceinfo

"Nous avons un contre-projet. Nous argumentons sur le fond, nous sommes pour un meilleur système de retraites, explique Alexis Corbière. Je ne suis pas sur une position qui consiste à dire qu’actuellement le système est formidable. Trop de gens partent à la retraite déjà usés. Alors comment on améliore tout ça ? Je donne un exemple : si on augmente seulement les salaires des femmes", cela fait "près de 5 milliards supplémentaires qui rentrent de cotisations", propose-t-il. "Est-ce qu’on ne peut pas consacrer un point de PIB supplémentaire, voire deux points, à notre système de retraites [14% du PIB actuellement] ? On aurait un système qui nous permettrait de partir à la retraite tous à 60 ans. Donc c’est projet de société contre projet de société", conclut le député LFI.

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