Retraites : "C'est un magot qui intéresse le privé, et le gouvernement l'y encourage", dénonce Adrien Quatennens

Adrien Quatennens, député La France insoumise du Nord, revient mardi sur franceinfo sur la réforme des retraites défendue par le gouvernement.

Adrien Quatennens était l\'invité de franceinfo. 
Adrien Quatennens était l'invité de franceinfo.  (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

"Les retraites, c'est 300 milliards d'euros dans les caisses de la Sécurité sociale, c'est un magot qui de très longue date intéresse le privé, et le gouvernement l'y encourage", dénonce mardi 3 décembre sur franceinfo Adrien Quatennens, député La France insoumise du Nord, à propos de la réforme des retraites. Adrien Quatennens manifestera jeudi 5 décembre à Paris pour la journée de mobilisation interprofessionnelle. "Il faut une autre réforme", assure le député LFI.

franceinfo : Pourquoi, selon vous, cette réforme n'est pas celle qu'il faut ?

Adrien Quatennens : Emmanuel Macron refuse, alors qu'on va être de plus en plus nombreux à table, de cuisiner un plus gros gâteau. Par conséquent, le système par points ne permet qu'une chose : c'est de couper de plus petites parts d'un même gâteau. La conséquence concrète dans la vie des gens, c'est que pour atteindre le même niveau de pension qu'aujourd'hui, il faudra soit travailler beaucoup plus longtemps, soit admettre que les pensions vont diminuer. Les seuls qui s'en réjouissent, ce sont les assureurs et les banques qui espèrent que si le système par répartition devient indigent, ceux et celles qui ont les moyens se tourneront vers le système de capitalisation. Les retraites, c'est 300 milliards dans les caisses de la Sécurité sociale, c'est un magot qui de très longue date intéresse le privé, et le gouvernement l'y encourage.

Pourquoi irez-vous manifester jeudi ?

Je serai dans la rue à Paris pour demander au gouvernement de retirer sa réforme. Je pense qu'il faut une autre réforme. Je ne défends pas le statu quo mais pas la réforme que veut faire le gouvernement. Sous couvert de l'universalité, qui est un alibi, le gouvernement s'apprête à opérer une rupture historique avec tout ce qui a été fait dans le régime de Sécurité sociale s'agissant des retraites. La question des retraites pose également la question de la répartition des richesses. Aujourd'hui, un salarié français travaille en moyenne 45 jours par an pour rémunérer les actionnaires, c'était 9 jours dans les années 1980. Ne peut-on pas imaginer qu'on mette à contribution les revenus du capital pour financer les retraites ?

Qu'espérez-vous de la mobilisation du 5 décembre ?

Jeudi, c'est le point de départ, je l'espère, d'un rapport de force qui va s'engager. Je vois bien que la tentative du gouvernement, c'est de diviser les grévistes et les non-grévistes, mais tout le monde va être perdant, sauf ceux qui ont les moyens de passer à la capitalisation. L'une des tâches de la France insoumise, c'est d'aller à la rencontre de ceux qui vont subir la grève et leur dire : 'Messieurs, dames, plutôt que d'être en colère contre les grévistes, vous aussi vous avez intérêt à ce que le gouvernement retire sa réforme'. Je ne veux pas d'une réforme qui consiste à travailler toujours plus longtemps, au-delà de l'espérance de vie, et c'est ce qui va se passer.