Jean Castex veut conclure le Ségur de la santé "la semaine prochaine" et régler "à court terme" le dossier des retraites

C'est ce que le nouveau Premier ministre indique dans un entretien publié dimanche dans le JDD, où il prévient ne pas croire "au consensus mou".

Jean Castex quitte le site de production de semi-conducteurs X-FAB, à Corbeil-Essonnes, le 4 juillet 2020. 
Jean Castex quitte le site de production de semi-conducteurs X-FAB, à Corbeil-Essonnes, le 4 juillet 2020.  (THOMAS COEX / AFP)

Il veut aller vite. Le nouveau Premier ministre, Jean Castex, affirme souhaiter conclure le Ségur de la santé "la semaine prochaine" et régler "à court terme" le dossier des retraites, dans un entretien publié dimanche 5 juillet dans le JDD (article payant). "Des décisions essentielles sont sur la table. L'emploi, évidemment, qui dans le contexte actuel requiert une mobilisation de tous dans le cadre de la nouvelle donne sociale lancée par le président de la République. Le soutien aux soignants et la transformation de notre système de santé dans le cadre du Ségur que je conclurai la semaine prochaine", déclare-t-il.

Faute d'accord avec les syndicats avant un remaniement imminent, le gouvernement de son prédécesseur, Edouard Philippe, avait décidé jeudi de prolonger de quelques jours le Ségur de la santé, alors qu'une enveloppe de sept milliards d'euros se trouve sur la table pour les salaires des soignants.

"Réexaminer un sujet, ce n'est pas se renier"

"Le plan de relance doit être finalisé. À quoi s'ajoutent les réformes qui étaient dans les tuyaux sur les retraites et l'assurance chômage. Et celle de la dépendance qui devra venir ensuite et correspond à une nécessité. Tous ces sujets sont directement impactés par la crise, ce qui nécessite de les reprendre dans un cadre concerté et avec une cohérence d'ensemble", ajoute-t-il.

Interrogé sur les inquiétudes des syndicats concernant les retraites, Jean Castex souligne que "dire qu'on va réexaminer un sujet, ce n'est pas se renier. C'est montrer notre capacité d'adaptation aux nouvelles circonstances, qui sont douloureuses""Par exemple, la crise a aggravé fortement le déficit de nos régimes de retraite. Je souhaite reprendre le dialogue avec les partenaires sociaux, c'est indispensable. Arriverons-nous à régler ces dossiers à court terme ? C'est mon souhait", affirme-t-il.

Il définit sa méthode comme "un mélange de volontarisme et d'expérience, avec le souci de rassembler". "Mais attention, je ne crois pas au consensus mou. Le temps est à l'action", avertit-il.

Pas "un subordonné voué aux tâches secondaires"

Après la forte percée verte aux municipales, le chef du gouvernement répète que l'écologie n'était "pas une option" mais une "obligation". Il entend "accélérer" les décisions en listant "avec les acteurs locaux tout ce que l'on peut faire immédiatement" comme la lutte contre les fuites dans les réseaux d'eau, contre l'artificialisation des terres, pour l'isolement thermique, les toitures photovoltaïques, ou le bien-être animal.

Face à ses détracteurs qui le voient comme un simple exécutant de la volonté présidentielle, il martèle qu'il n'entre "pas dans les intentions du chef de l'État de faire de [lui] un subordonné voué aux tâches secondaires". Et de poursuivre : "Quand vous aurez appris à me connaître, vous verrez que ma personnalité n'est pas soluble dans le terme de 'collaborateur'."