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"J'espère qu'il n'y aura pas de maladies à cause des poubelles" : les incinérateurs d'Île-de-France à l'arrêt, les riverains inquiets

Les éboueurs et agents chargés du traitement des déchets en Île-de-France sont en grève contre la réforme des retraites. Conséquence : les poubelles s'amoncellent dans les rues de la capitale et les habitants attendent le ramassage impatiemment.

Article rédigé par
Farida Nouar - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1 min.
Les poubelles s'entassent avenue Mozart, dans le 16e arrondissement de Paris. (FARIDA NOUAR / RADIO FRANCE)

"Ça sent mauvais, ce sont des cartons, des poubelles, des ordures déposés sans sac, des bouteilles... Il ne manque que les rats. Et je pense qu'ils ne vont pas tarder." Olga habite le très chic 16e arrondissement de Paris, et depuis quelques jours elle ne peut pas vraiment cacher son dégoût lorsqu'elle marche dans la rue.

Les trois incinérateurs d'Île-de-France à l'arrêt

Les poubelles de la capitale débordent, et ça ne risque pas de s'arranger puisque les éboueurs et agents chargés du traitement des déchets sont en grève contre la réforme des retraites et ont décidé de poursuivre leur action jusqu'au 7 février. Trois incinérateurs (Issy-les-Moulineaux, Ivry-sur-Seine et Saint-Ouen) sont à l'arrêt quasi-total depuis le 23 janvier. À Marseille, la situation est comparable, mais ce sont les centres de tri qui sont bloqués.

Malgré les réquisitions et la mise en place d'un service minimum, la collecte a du retard. Devant le magasin de primeurs de Rachid, par exemple, six poubelles pleines d'ordures ménagères mais aussi de fruits et légumes périmés s'entassent. Elles n'ont pas été ramassées depuis trois jours : "J'espère qu'ils vont venir ramasser rapidement, sinon on va avoir des souris et des rats. S'ils ne viennent pas, c'est sûr, ce sera la galère. J'espère aussi qu'il n'y aura pas de maladies à cause des poubelles."

Des conséquences sanitaires et écologiques

Impuissante, la municipalité demande à l'État de prendre ses responsabilités au plus vite. Paul Simondo est adjoint en charge de la propreté à la ville de Paris : "C'est une question sanitaire, une urgence. On ne peut pas laisser des déchets s'accumuler de cette manière. La maire a demandé au gouvernement une intervention pour qu'on récupère cette capacité d'incinération des déchets et qu'on puisse reprendre la collecte sur un rythme normal et rattraper le retard."

Sans compter les conséquences sur l'environnement, explique Paul Simondo : "Il y a des conséquences écologiques car actuellement sans ces usines, la région parisienne envoie des déchets à l'enfouissement en décharge, ce n'est écologiquement pas acceptable, il faut que cette situation cesse au plus vite."

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