François Hollande : retraite à 60 ans pour ceux qui ont leurs annuités

François Hollande a confirmé mercredi matin sa volonté de réintroduire dès 2012, en cas de victoire à la présidentielle, le droit de partir à la retraite à 60 ans pour ceux qui ont cotisé 41 années.

François Hollande au centre Emmaüs Louvel Tessier
François Hollande au centre Emmaüs Louvel Tessier (PM)

François Hollande a confirmé mercredi matin sa volonté de réintroduire dès 2012, en cas de victoire à la présidentielle, le droit de partir à la retraite à 60 ans pour ceux qui ont cotisé 41 années.

Le candidat socialiste a confirmé, mercredi 14 décembre, sa volonté de voir le retour du droit à la retraite à 60 ans pour ceux qui ont leurs annuités à l'issue d'une visite dans centre d'hébergement d'urgence d'Emmaüs à Paris dans le Xe arrondissement.

« Pour celles et ceux qui ont leur durée de cotisation, et qui donc ont commencé tôt à travailler, 18 ans, et qui peuvent prétendre partir à la retraite à 60 ans, la première décision que je prendrai sera en direction de ces personnes », a affirmé François Hollande devant les journalistes.

« Ca c'est le premier acte, ensuite, deuxième acte, sera ouvert une négociation avec les partenaires sociaux sur la durée légale, la décote, la pénibilité », a ajouté le candidat socialiste.

François Hollande a rappelé qu'"une loi a été votée" sur la retraite et "aujourd'hui, ceux et celles qui n'ont pas 62 ans ne peuvent pas partir. Nous aurons donc à ouvrir un droit nouveau qui sera de permettre à ceux qui ont leur durée de cotisation de partir", a martelé M.Hollande qui a reconnu avoir souvent été interpellé sur ce thème.

Selon le cabinet de Xavier Bertrand, le ministre du travail, une telle mesure toucherait "25% des gens qui doivent décaler leur départ du fait de la réforme de 2010".

Renforcement de la loi SRU

Avant d'aborder la question de la retraite, François Hollande avait visité le centre d'hébergement d'urgence Louvel-Tessier à Paris, dans le Xe arrondissement. Un centre géré par Emmaüs ou il a dialogué avec les associations en charge de la solidarité comme Emmaüs ou ATD quart monde.

A l'issue d'une table ronde avec ces associations plongées dans l'urgence sociale, le candidat socialiste, lors d'une conférence de presse, s'est d'abord fait accusateur en affirmant : "le constat, c'est que malgré les promesses qui ont été faites il y a cinq ans (je n'aurai pas la cruauté de les rappeler, la pauvreté devait baisser de 30% ) non seulement elle a augmenté mais elle s'est intensifiée".

M. Hollande a dénoncé le fait que "27.000 beneficiaires de la loi Dalo (droit au logement opposable) n'ont pas satisfaction" ou la "baisse de 14% des crédits en matière d'urgence en 2012".

Abordant plusieurs thèmes liés au question de pauvreté, M. Hollande a fait des propositions en matière de logement : "je propose une modification de la loi SRU avec un relèvement de l'obligation de 20 à 25 % pour la part des logements sociaux et un relement considérable des pénalités" pour mettre sur le marché, "dans les prochaines années 300 000 logements sociaux" de plus. (La loi SRU votée à l'époque Jospin définit un quota minimum de logements sociaux dans les communes de plus de 3.500 habitants).

Toujours au chapitre des logements, le candidat souhaite un encadrement des loyers "dans les zones tendues" et un mécanisme de garantie des loyers.

En matière de santé, il développera ultérieurement ses propositions mais a annoncé la suppression des 30 euros liés à l'AME (aide médicale d'Etat)

Le candidat de la justice

S'il est élu en mai prochain, François Hollande veut instaurer une "convention pluriannuelle avec les grandes associations" confrontées aux problèmes de logement, d'alimentation et de soin en direction des plus défavorisés.

« Nous ne devons pas traiter la pauvreté comme un problème particulier mais comme un problème général de notre société » a conclu François Hollande qui s'est présenté comme "le candidat de la justice".