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Poursuivie en France "travail dissimulé", la compagnie low coast irlandaise va fermer sa seule base en France

Ryanair a annoncé mercredi qu'elle fermerait le 11 janvier 2011 son unique base française à Marseille et qu'elle transfèrerait ses avions ainsi que ses salariés dans d'autres aéroports européens.Visée par une information judiciaire ouverte par le parquet d'Aix-en-Provence, la compagnie a été mise en examen fin septembre pour "travail dissimulé".
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Un avion de Ryanair (AFP - Josep Lago)

Ryanair a annoncé mercredi qu'elle fermerait le 11 janvier 2011 son unique base française à Marseille et qu'elle transfèrerait ses avions ainsi que ses salariés dans d'autres aéroports européens.

Visée par une information judiciaire ouverte par le parquet d'Aix-en-Provence, la compagnie a été mise en examen fin septembre pour "travail dissimulé".

"Nous sommes très déçus de la décision des autorités françaises d'engager des poursuites contre la base de Ryanair à Marseille, qui est totalement conforme à la réglementation de l'UE pour les travailleurs mobiles des transports", a déclaré mercredi à Marseille le PDG de Ryanair, Michael O'Leary.

Il a critiqué les fondements de cette action en justice et a estimé qu'il en coûterait donc "des pertes d'emploi pour Marseille et la France".

C'est "le prix fort à payer" pour démontrer que les quelque 200 salariés basés à Marseille, selon la compagnie, sont bien sous contrat irlandais et donc assujettis à la réglementation du travail irlandais, a-t-il ajouté.

La compagnie irlandaise conteste le décret du 21 novembre 2006 soumettant les personnels navigants des compagnies étrangères installées en France au droit français.

13 lignes vont fermer suite à cette décision: Agadir, Brest, Eindhoven, Lille, Marrakech, Nador, Nantes, Palerme, Paris, Tanger, Tenerife, Tours, Venise.

Dix lignes seront maintenues (Bruxelles, Dusseldorf, Fez, Londres, Madrid, Malte, Porto, Rome, Séville, Valence) mais opérées par des personnels installés dans d'autres aéroports que celui de Marseille, a précisé le PDG en conférence de presse.

Ryanair, qui compte 7.000 salariés dans le monde, était en 2009 le deuxième transporteur de l'aéroport marseillais derrière Air France, avec près de 1,5 million de passagers.

Gaudin dénonce l'attitude des syndicats
Le maire (UMP) de Marseille Jean-Claude Gaudin
a déploré mercredi soir la fermeture de la base française de Ryanair, estimant qu'elle était consécutive au "comportement irresponsable" des syndicats.

"On ne peut que déplorer l'attitude des syndicats qui ont poussé l'entreprise irlandaise hors du territoire français", affirme M. Gaudin dans un communiqué de presse, faisant allusion à la mise en examen fin septembre, par un juge du tribunal d'Aix-en-Provence, de la compagnie irlandaise pour "travail dissimulé" à la suite de la plainte de plusieurs syndicats de personnels.

"Mauvaise nouvelle" pour la Chambre de commerce
De son côté, la Chambre de commerce et d'industrie Marseille Provence (CCIMP), qui gère l'aéroport, a estimé que cette fermeture constituait "un coup d'arrêt pour le développement du territoire".

"Le départ de Ryanair est une très mauvaise nouvelle pour les entreprises et les commerces du territoire", a déclaré Jacques Pfister, président de la CCI.

"Nous ne comptons pas en rester là. Nous avons saisi l'Etat et les responsables politiques régionaux pour demander l'abrogation de ce décret", a ajouté M. Pfister, déplorant que la France soit "le seul pays où le droit européen ne s'applique pas".

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