Pour la "patronne des patrons", le gouvernement doit faire attention à "ne pas pénaliser les entreprises"

"Les entreprises françaises (...) sont les plus taxées au monde", a affirmé la présidente du MEDEF, Laurence Parisot, invitée des Quatre Vérités sur France 2.

Laurence Parisot pendant une réunion au siège du MEDEF à Paris le 8 juillet 2011
Laurence Parisot pendant une réunion au siège du MEDEF à Paris le 8 juillet 2011 (AFP - ERIC PIERMONT)

"Les entreprises françaises (...) sont les plus taxées au monde", a affirmé la présidente du MEDEF, Laurence Parisot, invitée des Quatre Vérités sur France 2.

"Donc, si nous voulons gagner des dizièmes de points de croissance, il ne faut surtout pas en ce moment pénaliser les entreprises, il ne faut surtout pas aggraver leurs coûts de production", a-t-elle dit.

Le gouvernement doit annoncer mercredi un tour de vis budgétaire indispensable pour tenir ses engagements en matière de déficit, en pleine tourmente sur les marchés financiers.

Pour la présidente du MEDEF, qui devait rencontrer lundi le premier ministre, François Fillon, l'"effort doit être collectif" tout en se concentrant sur la réduction des déficits. Elle a cependant fait une distinction en fonction de la taille des entreprises.

"Je vais dire à François Fillon que les petites et moyennes entreprises sont au taquet de ce qu'elles peuvent subir comme prélèvements obligatoires. Il y a peut-être des marges de manoeuvre chez les très grandes entreprises, il faut voir comment", a-t-elle dit.

Laurence Parisot a estimé qu'il y avait d'autres pistes à envisager, comme des délégations de service public de la part de l'Etat au privé afin de faire des économies et de stimuler l'activité. "Cela permettrait à l'Etat de moins dépenser et à des entreprises nouvelles de se développer sur ces secteurs-là", a-t-elle estimé.

Elle demande aussi le maintien des aides pour les heures supplémentaires: "C'est un mécanisme vertueux, ce serait dommage de le dégrader, encore plus de le supprimer".

Et la croissance ?
En ce qui concerne la croissance, la "patronne des patrons" a estimé qu'il serait "très difficile" d'atteindre l'objectif du gouvernement de 2 % de croissance en 2011, chiffre jugé irréaliste par de nombreux économistes. Notamment parce que le PIB français a stagné au 2e trimestre, signe d'un fort ralentissement de l'activité économique.

"C'est difficile tout simplement parce que les Etats-Unis ne vont pas bien, c'est l'un des principaux moteurs économiques de la planète", a-t-elle dit sur France 2.