Plusieurs contrats économiques ont été signés jeudi entre la France et l'Irak

Le ministre français des Affaires étrangères, Christian Estrosi, se trouvait jeudi à Bagdad avec une délégation composée de représentants d'une vingtaine de sociétés françaises et de quatre parlementaires pour relancer la coopération économique entre les deux pays.La France est pour l'instant un partenaire marginal de l'Irak.

Christian Estrosi (au centre) à Bagdad le 25 février 2010
Christian Estrosi (au centre) à Bagdad le 25 février 2010 (AFP - FRED DUFOUR)

Le ministre français des Affaires étrangères, Christian Estrosi, se trouvait jeudi à Bagdad avec une délégation composée de représentants d'une vingtaine de sociétés françaises et de quatre parlementaires pour relancer la coopération économique entre les deux pays.

La France est pour l'instant un partenaire marginal de l'Irak.

Parmi les contrats conclus jeudi, le groupe cimentier Lafarge, qui possède déjà deux sites dans le nord de l'Irak, a signé une lettre d'intention pour la réhabilitation de la cimenterie de Kerbala (sud de Bagdad). De son côté, le groupe Technip (ingénierie pour l'industrie pétrolière) a conclu un accord pour un schéma directeur dans le secteur de la pétrochimie.
Dans le même temps, Renault Trucks (poids-lourds), filiale de Volvo, a signé un protocole d'accord pour l'installation de deux chaînes de montage. Aucune indication n'a été donnée sur le montant de différents ces contrats.

Les conditions irakiennes
Le ministre de l'Industrie a appelé à Bagdad les entreprises françaises à s'implanter en Irak même pour gagner ce marché gigantesque, après les menaces du gouvernement
irakien de refuser d'accorder des contrats aux sociétés étrangères qui refuseraient de s'y installer. "Nous leur offrirons la sécurité et elles n'ont pas besoin de s'installer chez les voisins", a déclaré le Premier ministre irakien Nouri Al Maliki.

Un message reçu cinq sur cinq côté français. "Les affaires commerciales avec les Irakiens se traitent d'ici, à Bagdad, et non depuis les capitales avoisinantes", a insisté Christian Estrosi. "Aujourd'hui, il est possible, à condition de respecter certaines conditions de sécurité (...), de revenir à Bagdad et d'y faire des affaires", a ajouté le ministre, venu inaugurer un centre d'affaires destiné à aider les entreprises françaises.

Lors d'une rencontre avec le représentant du gouvernement français, Nouri Al Maliki a appelé la France à investir en particulier dans les domaines de l'agriculture, de l'aviation civile et de l'assainissement de l'eau, a rapporté Christian Estrosi.

Pour autant, les sociétés françaises restent prudentes en raison des conditions de sécurité en Irak. Technip opère depuis l'étranger en envoyant des équipes sur place pour des durées limitées. La situation actuelle permet de le faire sans risque, à condition que les équipes soient escortées. "Mais si la sécurité redevient critique, nous n'enverrons personne", explique le directeur général du groupe d'ingénierie pétrolière, Bernard Di Tullio.

Des exportations encore faibles
Les exportations françaises ont doublé l'an dernier pour atteindre 413 millions d'euros mais restent bien loin des niveaux connus dans les années 1970-80. Paris était alors l'un des partenaires privilégiés du régime de Saddam Hussein.

Dans le même temps, aujourd'hui, les investissements sont à la traîne puisqu'ils ne représentent que 1 % des placements étrangers dans ce pays.

Les échanges politiques et économiques entre la France et l'Irak se sont multipliés depuis un an. Le président Nicolas Sarkozy, puis le Premier ministre François Fillon, accompagné d'une dizaine de chefs d'entreprises, se sont rendus l'an dernier en Irak

De son côté, le président irakien Jalal Talabani a effectué une visite dans l'Hexagone. Pour Paris, il s'agit de ne pas passer à côté du gigantesque marché irakien. L'Irak, qui recèle les troisièmes réserves mondiales de pétrole, a des besoins de reconstruction estimés à 400 milliards de dollars.