"Les trois quarts" des restructurations n'ont pas de rapport avec le Covid-19, dénonce Philippe Martinez (CGT)

Face aux suppressions de postes en cascade annoncées ces dernières semaines, le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez réclame un engagement des entreprises à ne pas licencier pour prétendre aux prêts accordés par l'Etat.

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Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, invité de l'émission "On n'arrête pas l'éco", sur France Inter samedi 12 septembre. (FRANCEINTER / RADIOFRANCE)

Cette semaine le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a prévu qu'il n'accepterait pas des décisions "d'aubaine", à propos des suppressions de postes chez General Electric. "Les trois quarts" des restructurations n'ont pas de rapport avec le Covid-19", dénonce Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, invité samedi de l'émission "On n'arrête pas l'éco", sur France Inter.

"Dès qu'on a un petit problème on licencie d'abord et on réfléchit après. Nous, on propose d'abord et après de prendre des mesures en fonction des réalités", ajoute Philippe Martinez. "Regardez ce qu'il se passe chez Auchan, par exemple, 1 500 suppressions d'emploi. Tout le monde sait que le secteur de la distribution, et notamment de distribution alimentaire, n'a pas souffert de la crise du Covid-19 et du confinement, bien au contraire."

Un manque de contreparties aux prêts accordés

Le secrétaire général de la CGT estime que "cela devrait être formellement interdit. Il devrait y avoir un veto du gouvernement sur ce genre de licenciements. On pourrait prendre le cas de l'aéronautique : Airbus a reçu des aides. Le problème de l'aéronautique aujourd'hui, c'est que les avions ne volent pas, mais les carnets de commandes sont pleins chez Airbus. Il y a plus de commandes aujourd'hui qu'il n'y en avait l'année dernière", poursuit Philippe Martinez. "Or, là aussi, on a donné de l'argent. Et plutôt que de trouver des mesures, on pourrait parler de formations, il y a le chômage de longue durée, etc., on licencie, notamment dans les milieux d'ingénierie, d'ailleurs, ce qui va amputer la capacité de l'entreprise et de ses salariés à préparer l'avenir. Parce que quand on licencie déjà des ingénieurs, des chercheurs, on ne travaille pas sur l'avion du futur."

Le syndicaliste réclame donc que les prêts soient liés à un engagement des entreprises. "Je te donne, ou je te prête de l'argent, à condition que tu trouves d'autres mesures que le licenciement de salariés. Or, de ce point de vue-là, on parle de contreparties, mais les contreparties, on verra plus tard. Et le ministre de l'Economie, je suis désolé de vous le dire, mais ce n'est pas la première fois qu'il nous fait le coup. Il y a eu quelques coups de gueule de Bruno Le Maire, mais sans effet sur l'emploi et sur l'avenir des entreprises."

Solliciter les assurances et les banques

Philippe Martinez se dit très circonspect par le plan de relance présenté par le gouvernement. "Ce n'est pas un plan de relance. On a appelé cela un plan de continuité. Il y a beaucoup d'aides aux entreprises, des dizaines de milliards qui vont aux entreprises. Le seul point positif, avec quelques petits guillemets, c'est la poursuite des aides pour le chômage de longue durée, ça, c'est important. Mais évidemment, vous le savez, les salariés sont payés à 84% et pour des petits salaires où on n'arrive déjà pas à finir la fin du mois avec 100%, c'est pas possible." La CGT propose donc "de solliciter, par exemple, les assurances, les banques, qui elles n'ont pas souffert de la crise".

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