Thierry Marx : "Encore beaucoup de maisons où le personnel n’est pas traité comme il le devrait"

Les émissions de télé-réalité de cuisine ont poussé comme des champignons. Mardi soir a démarré la diffusion de la première série consacrée aux coulisses d'un restaurant étoilé. Les deux premiers épisodes de "Chefs" ont réalisé la meilleure audience de la soirée : 4,3 millions de téléspectateurs, 16,5 % de parts de marché.

(© SIPA)

C'est une des séries très attendues de ce début d'année, Chefs . Un cuisinier, baptisé Le chef et monstre sacré de la cuisine française, réserve chaque année une place dans sa brigade à un jeune délinquant en probation. Romain, tombé pour escroquerie, débarque dans l'univers de la gastronomie et de l'excellence. C’est le début de son éveil au monde, à l’art culinaire, à l’amour, ainsi que le récit initiatique de son intégration, d’abord difficile, puis de son ascension fulgurante.

 

Le Chef est interprété par Clovis Cornillac et le film colle à la réalité. "C’est dommage encore d’en arriver au 'fighting cuisine' mais cela reste encore un univers de transmission oral, d’affrontements, " explique le chef Thierry Marx qui a vu la série. "C’est deux fois par jour un entonnoir dans lequel vous comprimez un tas de savoir-faire pour servir et donner du plaisir au client. " "Ce que l’on ressent dans cette série c’est qu’il y a la passion du chef, il y a l’inquiétude du chef auteur, ces angoisses qui font que, par moment, ces choses peuvent s’emballer. En même temps, il faut se dire que les chefs ont un grand cœur et qu’ils n’ont pas forcément un parcours de culture générale très élevé et qu'ils se construisent avec l’effort. "

Un bon chef est un leader, explique Thierry Marx
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L'envers du décor

Les Français se passionnent de plus en plus pour la cuisine mais ils ne connaissent pas l’envers du décor. "Certains viennent s’y frotter avec les émissions de cuisine et la scénarisation de la cuisine, et voit la réalité du terrain, des salaires en dessous de ce qu’ils doivent être, des amplitudes horaires bien au-dessus, et une protection sociale quasiment inexistante , explique Thierry Marx. Les réalisateurs ont été frappés par la dure vie des brigades, de la souffrance au travail qu’il y a en cuisine. Pourtant, ce n’est pas le cas partout. "Ils ne sont pas allés dans les bonnes maisons. Mais hélas, il y a encore beaucoup de maisons où le personnel n’est pas traité comme il le devrait. " La cuisine c’est la maîtrise du feu, du geste et du temps. Il faut l’apprendre et si vous n’avez pas ces bases là c’est très difficile d’entrer en cuisine, rappelle Thierry Marx.