Selon des experts des académies des sciences et des technologies, les données numériques auraient une durée limitée

Loin de permettre un archivage durable, disques durs, CD-R et DVD-R risquent de ne conserver que quelques annéesphotos, vidéos ou autres documents personnels."Beaucoup d'information personnelle, médicale, scientifique, technique, administrative... est en danger réel de disparition", mettent en garde ces expertes.

(AFP Anwar Amro)

Loin de permettre un archivage durable, disques durs, CD-R et DVD-R risquent de ne conserver que quelques années
photos, vidéos ou autres documents personnels.

"Beaucoup d'information personnelle, médicale, scientifique, technique, administrative... est en danger réel de disparition", mettent en garde ces expertes.

Dix milliards de disques optiques numériques enregistrables (surnommé DONE et qui regroupent tout simplement les CD et les DVD enregistrables, ndlr) ont été vendus en 2009 dans le monde, "mais personne ne sait pendant combien de temps on pourra les lire", a déclaré devant la presse Erich Spitz, ancien directeur
général adjoint chargé de la recherche et de la technologie du groupe Thomson, membre des deux Académies.

"L'information numérique dont personne ne s'occupe meurt au bout de quelques années", prévient le rapport "sur la longévité de l'information numérique" publié lundi. "Les données que nous voulons garder vont-elles s'effacer ?", s'inquiètent
Jean-Charles Hourcade, Franck Laloë et Erich Spitz, tout trois auteurs du rapport.

Des supports qui se dégradent constamment
Ceci dit, le rapport ne porte pas sur les CD ou les DVD vendus déjà enregistrés ("pressés"), dont la durée de vie est "relativement bonne, sans commune mesure avec celle des disques type CD-R ou DVD-R enregistrables à l'unité", préviennent-ils d'emblée. Faute d'usure mécanique lors de la lecture optique de ces disques "beaucoup ont longtemps cru que ces supports seraient éternels (...) malheureusement nous savons maintenant que, dans la réalité, ils se dégradent constamment, même s'ils ne sont pas utilisés", ajoutent-ils dans le rapport.

Si les 25 millions de foyers français s'attelaient à recopier périodiquement les données afin de conserver au bout de 25 à 50 ans un "patrimoine numérique" de 100 gigaoctets à 1 téraoctet chacun, cela pourrait représenter un budget annuel de 2 à 20 milliards d'euros, selon le groupe d'experts. Pour éviter à la collectivité ce "coût astronomique", ils recommandent
d'élaborer une véritable politique d'archivage numérique, de développer la recherche et favoriser l'innovation.