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Autriche : clap de fin pour un journal viennois après trois siècles d'existence

Wiener Zeitung continuera cependant à exister sur internet.
Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min
Un exemplaire du journal viennois "Wiener Zeitung", datant du 21 septembre 1945, exposé le 26 avril 2023 à la bibliothèque nationale de Vienne. (JOE KLAMAR / AFP)

Il a été fondé en 1703, du temps de l'empire des Habsbourg, et a survécu aux tumultes de l'histoire. Mais après des années d'incertitude, l'édition papier du journal viennois Wiener Zeitung va finalement disparaître. Le Parlement autrichien a voté, jeudi 27 avril, une loi sur les médias, incluant une clause signant la fin à compter du 1er juillet de ce quotidien parmi les plus vieux au monde, selon l'Association mondiale des journaux (AMJ).

Le Wiener Zeitung continuera cependant à exister sur internet, avec la possibilité de publications papier ponctuelles "en fonction des fonds disponibles". Le journal, né sous le nom Wiennerisches Diarium avant d'être rebaptisé en 1780, avait été nationalisé au 19e siècle par François-Joseph 1er et appartenait actuellement à la République d'Autriche.

De nombreux licenciements en vue

Outre la partie purement éditoriale demeurée indépendante, le Wiener Zeitung servait depuis lors comme Journal officiel, publiant des textes juridiques et des informations relatives aux entreprises autrichiennes. Wiener Zeitung vit essentiellement des revenus tirés de cette activité, qui va désormais être confiée à une plateforme en ligne, le gouvernement expliquant avoir agi en vertu d'une directive européenne sur les outils numériques.

La rédaction a dénoncé en amont du vote un projet "destructeur" qui la prive des fonds suffisants pour continuer à imprimer le quotidien. La marque, riche de 320 ans d'histoire, va certes subsister, "mais personne ne sait quel sera l'avenir de la publication : est-ce que ce sera encore du journalisme rigoureux ?", s'est insurgé le rédacteur en chef adjoint Mathias Ziegler. "Nous avons toujours dit qu'il fallait trouver d'autres sources de financement, mais le problème n'a jamais été traité sérieusement par le passé", a-t-il dit à l'AFP. Près de la moitié des 200 employés, dont 40 journalistes, pourraient être licenciés, d'après le syndicat.

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