France 24 et RFI n'ont plus de présidente... à cause d'un oubli administratif

Reconduite à la tête de l'organisme France Médias Monde, qui regroupe notamment la chaîne France 24 et la radio RFI, Marie-Christine Saragosse n'a pas fait parvenir à temps sa nouvelle déclaration d'intérêts.

La présidente du groupe France Médias Monde, Marie-Christine Saragosse, lors de l\'inauguration d\'une exposition Gare de Lyon à Paris, le 5 mars 2017.
La présidente du groupe France Médias Monde, Marie-Christine Saragosse, lors de l'inauguration d'une exposition Gare de Lyon à Paris, le 5 mars 2017. (BENJAMIN CREMEL / AFP)

Après la révocation de Mathieu Gallet, l'audiovisuel français perd un autre de ses dirigeants. Marie-Christine Saragosse, reconduite en 2017 à la tête de France Médias Monde, qui regroupe notamment RFI et France 24, a annoncé mardi 13 février que son mandat avait été annulé à cause d'une erreur administrative. La raison ? Elle n'a pas fait parvenir à temps "une déclaration de situation patrimoniale de fin de fonctions ainsi qu'une nouvelle déclaration d'intérêts" à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), explique-t-elle dans un courrier aux salariés. Une première, précise la HATVP à franceinfo.

Dans son message aux salariés, celle qui dirige le groupe depuis 2012 explique sa "stupéfaction". En 2013 puis en 2015, quand elle avait déjà dû transmettre une déclaration de situation patrimoniale et une nouvelle déclaration d'intérêts, les administrations concernées lui avaient envoyé des questionnaires à remplir, auxquels elle avait répondu.

Elle "ignorait" un changement de procédure

Mais en 2017, la procédure aurait changé selon elle : c'était cette fois à elle de transmettre ces déclarations de sa propre initiative. Elle assure qu'elle "l'ignorait".  Avec ses 50 agents pour 15 000 déclarations à analyser, la HATVP n'a, en effet, probablement pas le temps de relancer les uns et les autres. Mais la loi sur la transparence de la vie publique a été votée en 2013 et si un dispositif transitoire a couru tout au long de l'année 2014, elle s'applique pleinement depuis 2015.

Ces documents devaient être transmis dans les deux mois après le début de son nouveau mandat, qui a démarré le 5 octobre. "Les délais de dépôt de ces déclarations étant dépassés, mon mandat est donc tombé automatiquement", explique-t-elle. Un Conseil d'administration extraordinaire "sera réuni dans les plus brefs délais pour mettre en place la gouvernance transitoire", précise Marie-Christine Saragosse. Elle assure qu'elle sera "évidemment candidate" si le CSA doit lancer une nouvelle procédure de nomination.

De son côté, le CSA indique prendre note que le poste est vacant et qu'il va falloir le pourvoir. Marie-Christine Saragosse a-t-elle ses chances ? "C'est difficile de répondre à la place du collège, indique-t-on au CSA. Mais elle a le droit de tenter sa chance."