Le journaliste Roger Gicquel est décédé samedi des suites d'un infarctus, à l'âge de 77 ans

Présentateur-vedette du journal télévisé dans les années 1970, il était "l'une des grandes figures du paysage audiovisuel français", a estimé dimanche Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication.

Le journaliste Roger Gicquel
Le journaliste Roger Gicquel (France 3)

Présentateur-vedette du journal télévisé dans les années 1970, il était "l'une des grandes figures du paysage audiovisuel français", a estimé dimanche Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication.

"Pour nous tous, il était à la fois un visage, une voix et un style personnel qui marqua un moment de l'histoire de la télévision française", a ajouté le ministre, cité dans un communiqué.

Roger Gicquel a "marqué l'histoire du journal télévisé et de l'information". Il "était un très bon journaliste. Il a été le journaliste star entre Léon Zitrone et Patrick Poivre d'Arvor" a déclaré Michel Druker samedi soir, dans les coulisses des Victoires de la musique qu'il co-animait."'La France a peur', c'est lui. Il avait un ton, il ne séparait pas l'info du commentaire, prenait l'info à son compte", a aussi souligné l'animateur.

"Il avait une profonde humanité. Il aimait les gens. Il a été le premier à personnaliser l'information avec des éditoriaux", a réagi Patrick Poivre d'Arvor, dont Roger Gicquel avait été le directeur de l'information à France Inter en 1972.

Philippe Gildas, dont Roger Gicquel a également été le patron à France Inter, a salué la mémoire d'un "grand journaliste". "Il a apporté beaucoup de sentiment et d'humanité à l'information. Il y mettait tout son coeur et sa personnalité", a estimé M. Gildas, qui fait partie des présentateurs, comme Patrick Poivre d'Arvor, co-animateur des 25e Victoires de la musique.

Pour Guillaume Durand, qui a déclaré "ressentir beaucoup de tristesse", Roger Giquel "a personnifié et incarné le JT. Il avait un ton et un style".

"La France a peur"
Il reste célèbre pour sa phrase d'ouverture du journal de 20 heures le 18 février 1976 : "La France a peur", qui soulignait l'émotion provoquée par le meurtre du petit Philippe Bertrand par Patrick Henry.

Né le 22 février 1933 à Thiers-sur-Thève (Oise), Roger Gicquel est d'abord steward au sein de la compagnie UTA et comédien de 1953 à 1960, avant de débuter sa carrière de journaliste au Parisien libéré en 1961.

Il y reste dix ans, puis intègre en 1971 le service d'information de l'Unicef, où il travaillera deux ans en tant que consultant.

Roger Gicquel se fait connaître à la radio en présentant la revue de presse de France-Inter (1968-1973), où il devient grand Reporter à partir de 1969.

Directeur de l'information à l'ORTF de 1973 à 1974, Roger Gicquel invente un nouveau style de JT, très personnalisé, lorsqu'il devient présentateur vedette du journal de 20 heures sur TF1.

Après six ans de collaboration avec la première chaîne, las d'occuper la même fonction et gêné par sa célébrité, Roger Gicquel décide d'arrêter le JT en 1981. Il ne quitte pas l'audiovisuel pour autant. Producteur de documentaires d'actualité, il tient une chronique sur Europe 1 jusqu'en 1982.

De 1983 à 1986, il produit et anime l'émission "Vagabondages" sur TF1, au cours de laquelle il reçoit des personnalités du monde socio-culturel. Disparaissant de nouveau du petit écran, il retourne à la radio, en tant que chargé de la revue de presse du week-end sur France-inter, de 1987 à 1994.

Entre temps, il revient à la télévision, sur France 3-Ouest, où il anime l'émission hebdomadaire "En flânant", grâce à laquelle il retrouve la Bretagne de son enfance. L'émission s'arrête en 1997.

Depuis, Roger Gicquel avait poursuivi la ballade en écrivant. Il est notamment l'auteur Tous les chemins mènent en Bretagne (1998) et plus récemment Croisières et escales en Bretagne (2007).