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Le Figaro a annulé la convocation d'Eric Zemmour, préalable à un licenciement, à la suite des regrets qu'il a exprimés

Philippe Bilger, avocat général à la cour d'appel de Paris, a indiqué jeudi à l'AFP être convoqué vendredi chez le procureur général de Paris François Falletti après avoir, sur son blog, validé les propos d'Eric Zemmour.Le journaliste et chroniqueur avait tenu des propos sur les "trafiquants noirs et arabes" lors d'une émission sur Canal +.
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Eric Zemmour, le 10 août 2002 au salon du livre de Cabourg. (AFP/MYCHELE DANIAU)

Philippe Bilger, avocat général à la cour d'appel de Paris, a indiqué jeudi à l'AFP être convoqué vendredi chez le procureur général de Paris François Falletti après avoir, sur son blog, validé les propos d'Eric Zemmour.

Le journaliste et chroniqueur avait tenu des propos sur les "trafiquants noirs et arabes" lors d'une émission sur Canal +.

Plus de convocation, donc plus de licenciement
"Nous avons bien reçu votre lettre dans laquelle vous regrettez que vos propos dans l'émission de Thierry Ardisson sur Canal + aient pu heurter", écrit la direction du quotidien à son éditorialiste.

"Nous prenons acte que vous n'avez jamais eu l'intention de stigmatiser certains de nos compatriotes (...) Du fait de ces mises au point, nous n'avons donc plus de raison de vous convoquer pour un entretien. Notre réunion du lundi 29 mars est donc annulée", ajoute la lettre qui est notamment signée d'Etienne Mougeotte, le directeur des publications du Figaro.

L'éditorialiste du Figaro et de RTL avait déclaré le 6 mars dans l'émission animée par Thierry Ardisson "Salut les terriens" sur Canal+: "Les Français issus de l'immigration sont plus contrôlés que les autres parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes... C'est un fait".

Le soutien de l'avocat général près la cour d'appel de Paris
Philippe Bilger, avocat général à la cour d'appel de Paris, a indiqué jeudi être convoqué vendredi chez le procureur général de Paris François Falletti après avoir, sur son blog, validé les propos controversés d'Eric Zemmour.

"Je suis convoqué demain à 16h (...). J'ai reçu simplement un coup de fil disant que le procureur général voulait me voir. Apparemment, il avait lu un extrait de mon blog", a expliqué Me Bilger. La garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie a confirmé jeudi matin sur LCI ce rendez-vous entre les deux magistrats afin que Me Bilger "donne des explications sur cette opération". Elle a précisé qu'elle attendrait le résultat de cet entretien avant de se prononcer sur l'intervention de l'avocat général, tout en rappelant "le devoir de réserve" qui s'impose aux fonctionnaires.

"Je ne viole aucune obligation de réserve, je défends la liberté d'expression, celle de Zemmour, comme j'aurais pu défendre celle d'un homme de gauche", a assuré Me Bilger, selon qui, "il faut se reporter à l'ensemble du billet (...), il est relativement ambiguë, voire critique à l'égard d'Eric Zemmour. Je ne défends pas Eric Zemmour, je défends sa liberté d'expression, ce qui est très différent". "C'est ce que je dirais demain et je dirais aussi qu'on me foute la paix", a-t-il assuré.

Mercredi, outre le soutien de Me Bilger, Eric Zemmour avait reçu celui de la radio RTL où il tient une chronique quotidienne. Le même jour il avait décliné l'invitation de la chaîne BFM TV qui souhaitait organiser ce jeudi un débat entre lui et le président de la Licra, Alain Jakubowicz.

L'association SOS Racisme s'est dite décidée à poursuivre M. Zemmour pour diffamation raciale. Dans un communiqué mercredi, elle a assuré qu'elle "fera délivrer une citation directe à M. Zemmour avant la fin de la semaine".

"Trafiquants noirs et arabes": un magistrat met en garde contre les "généralisations"
Le président du tribunal pour enfants de Bobigny, Jean-Pierre Rosencsveig, a regretté jeudi que les propos d'Eric Zemmour sur les "trafiquants noirs et arabes" procèdent d'une "généralisation" et négligent la dimension sociale de la délinquance.

Il fait une généralisation et jette l'anathème sur une partie de la population vivant en France", a réagi le magistrat qui regrette le "manque de nuance" de cette observation car "dans la Creuse ou en Bretagne, les trafiquants sont certainement creusois ou bretons".

"Bilger et Zemmour ramènent la sociologie de la délinquance à l'origine ethnique alors qu'en fait il faut regarder du côté de l'origine socio-économique", poursuit M. Rosencsveig.


D'autres poursuites
Canal+ a été mis en demeure par le CSA mardi pour ses propos controversés tenus à l'antenne. "Cette mise en demeure s'appuie sur la convention liant Canal+ au CSA", a précisé une porte-parole. Deux des articles de cette convention prévoient notamment que les programmes de la chaîne "ne doivent pas encourager des comportements discriminatoires, ni contrevenir aux valeurs d'intégration et de solidarité qui sont ceux de la République", a-t-elle précisé.

La Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme a annoncé la semaine dernière qu'elle avait décidé de poursuivre en justice Eric Zemmour.

A la suite de ces propos et d'autres déclarations effectuées par Eric Zemmour sur d'autres antennes, comme France O, le MRAP et le Club Averroes ont saisi le Conseil supérieur de l'Audiovisuel à ce sujet. Le Conseil représentatif des associations noires a écrit aux présidents du CSA et de France Télévisions pour protester contre ces déclarations.

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