La saga UMP racontée par les journalistes

Nuits presque blanches, rebondissements, mobilisation… Sur le terrain depuis le jour de l'élection du président de l'UMP, cinq journalistes racontent leur expérience.

Pauline de Saint Remy (BFMTV), Matthieu Deprieck (L'Express), Vincent Derosier (RTL), Aurélie Herbemont (Europe 1) et Guillaume Daret (France 2) couvrent la politique dans leurs médias respectifs. Nuits presque blanches, ambiance survoltée, rebondissements en chaîne… Sur le terrain depuis dimanche 18 novembre, le jour du scrutin censé désigner le nouveau président de l'UMP, ces journalistes nous racontent leur expérience.

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Une semaine avant l'élection pour la présidence de l'UMP, Pauline de Saint Remy suivait déjà Jean-François Copé pour BFMTV. "Au début, on était deux sur le terrain. Et puis, à partir du vote, tout le service politique est venu ponctuellement en renfort quand c'était possible." "Le jour du scrutin, j'ai quitté le siège de l'UMP à 6h30 du matin", raconte-t-elle. WITT / SIPA
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"Je sais que ça peut paraître lassant aux yeux du grand public, explique Guillaume Daret, qui suit l'UMP pour France 2. Mais il y a tous les jours un nouvel élément. Et puis chaque jour allant, on a du mal à voir une issue possible." CHARLES PLATIAU / REUTERS
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"Il y a comme une ambiance de colo géante entre confrères. Et heureusement, sinon ça serait interminable. On passe des heures et des heures à attendre ensemble. Et on se soutient quand on a des coups de mou, ça c'est important ! Ça pousse un peu (beaucoup !) dans les meutes, mais c'est le jeu", raconte Aurélie Herbemont, d'Europe 1. GONZALO FUENTES / REUTERS
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"En politique, je n'ai pas souvenir de quoi que ce soit d’une telle intensité, confie Matthieu Deprieck, de 'L'Express'. Je n'ai pas couvert la crise du PS au congrès de Reims en 2008, mais ça a duré moins longtemps. On se disait qu'après la présidentielle, on serait tranquille, mais là, ça demande encore plus d'énergie." MAXPPP
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"En même temps, c'est passionnant de suivre ça, souligne Aurélie Herbemont. On se dit : 'Ok, je passe le relais pour deux heures et je vais reprendre des forces', on ne décroche pas. En tout cas, moi, je n'y arrive pas, c'est addictif. Et si on rate un des multiples épisodes de la journée, c'est presque frustrant." REVELLI-BEAUMONT / SIPA
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"On est très solidaires entre confrères, bien que concurrents, notamment avec les chaînes d'info. C'est tellement délirant que ça crée des liens, on se serre les coudes", confie Pauline de Saint Remy. MAXPPP
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"A la limite, le seul moment où j'ai vu pareilles émeutes, c'était le 6 mai dernier [jour de l'élection de François Hollande à la présidence] devant Solférino [le siège du PS], se souvient Vincent Derosier, de RTL. C'est du jamais-vu. Les universités des Verts, à côté, c'est rien du tout." MAXPPP
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"Depuis une semaine, on a l'impression de revivre la même journée que la veille, alors on finit par en plaisanter, on se dit qu'on va installer des tentes et des réchauds devant le siège de l'UMP", sourit Guillaume Daret. MAXPPP
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"J'ai lu des choses sur 'l'info du vide', mais de ce que j'ai vécu depuis quinze jours, il se passe tellement de choses que je n'ai pas du tout eu ce sentiment, confie Pauline de Saint Rémy. Certes, cela se passe beaucoup au téléphone, et nous, on doit incarner physiquement notre sujet, mais c'est le journalisme politique en général qui est comme ça." BENOIT TESSIER / REUTERS
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"Je me souviens, le soir de l'élection, quand on nous envoyait des résultats par SMS au fur et à mesure et qu'on comprenait que ça allait être serré, témoigne Aurélie Herbemont. Je suis au QG de Fillon, il est 20 heures et je lance à un confrère : 'Tu le sens, le congrès de Reims, là ?' Il l'a tweeté. J'étais bien en deçà de la réalité finalement." MAXPPP
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"Le jour de l'élection, j'ai fini à 3h30 du matin, pour reprendre le lendemain à 10 heures et terminer à 2 heures, raconte Matthieu Deprieck. Ça fait très camping, et quand on arrive le lendemain matin, on retrouve les confrères de la veille dans le même état." CHARLES PLATIEAU / REUTERS
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"Avec la radio, comme on est en direct le matin, ça fait des nuits plutôt courtes, explique Aurélie Herbemont. De toute façon, on n'a pas le choix : si on veut donner aux auditeurs les infos les plus fraîches, les derniers plans de bataille, il faut encore être au téléphone très très très tard le soir." GONZALO FUENTES / REUTERS
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"Un des moments forts, c'était mercredi [21 novembre], deux heures avant la conférence de presse de François Fillon, raconte Guillaume Daret. Je reçois d'abord un texto des fillonistes, qui me disent : 'Prépare-toi, on lâche une bombe'. A 13 heures, je pars déjeuner avec un député proche d’Alain Juppé. Pendant le repas, il reçoit un texto de Juppé, qui lui annonce que finalement, Fillon conteste les résultats et va déposer un recours. Il avait l’air aussi sidéré que moi." WITT / SIPA