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L'un des hackers turcs ayant revendiqué le piratage du site de Charlie Hebdo a menacé le quotidien français Libération.

Dans un entretien au Journal du dimanche, la hacker affirme vouloir « défendre son pays » et met en garde Libération, qui a hébergé l"équipe de l"hebdomadaire satirique après l"incendie de leurs locaux.
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La une mettant en scène Mahomet. (MARTIN BUREAU / AFP)

Dans un entretien au Journal du dimanche, la hacker affirme vouloir « défendre son pays » et met en garde Libération, qui a hébergé l"équipe de l"hebdomadaire satirique après l"incendie de leurs locaux.

"Si Libération continue à publier ces dessins, nous nous occuperons d'eux aussi", lance Ekber, jeune Turc de 20 ans rencontré par le JDD à Istanbul. "Nous défendons notre pays et nos institutions", assure-t-il au journal français. Le jeune homme est membre d" Akincilar, groupe de hackers turcs qui a revendiqué le piratage mercredi du site internet de Charlie Hebdo. "Nous ne pensons pas avoir fait quelque chose de mal, ce n'est pas comme si nous avions siphonné des comptes bancaires. C'est une protestation contre une insulte à nos valeurs et nos croyances", assure-t-il dans cet entretien.

Cependant, le jeune homme se désolidarise de qui a ravagé les locaux de l"hebdomadaire satirique mercredi. Ce jour-là paraissait un numéro de Charlie Hebdo, dont la Une représentait le prophète Mahomet, "rédacteur en chef" d'un journal rebaptisé "Charia Hebdo". "Nous ne soutenons pas la violence. L'islam est une religion de paix. Ces actes sont le fait de gens qui se servent de la religion", affirme le jeune homme, étudiant à l'université Isik et futur ingénieur informatique.

Ekber explique qu'il n'avait jamais entendu parler de Charlie Hebdo auparavant. Mais, après avoir lu sur internet des articles de journaux parlant de la sortie du numéro spécial baptisé "Charia Hebdo", raconte-t-il, le groupe Akincilar a décidé de réagir. A la suite du piratage du site du journal satirique, la société Bluevision, qui assure son hébergement, l'avait mis hors service après avoir "reçu des menaces de mort".

Les Akincilar se présentent comme des "cybers-guerriers", défendant les valeurs de l'islam. Reprenant le nom des redoutables guerriers de la cavalerie ottomane, les Akincilar avaient déjà attaqué au début de cette année le site d'un magazine satirique turc, Penguen (le Pingouin). Le groupe proclame sur sa page sur Facebook être "le premier groupe de hackers turcs", avec à l'appui un drapeau turc.

Les Akincilar ont aussi revendiqué de très nombreuses attaques contre des sites israéliens après la brouille entre la Turquie et Israël, en mai 2010, lorsqu'un commando israélien a tué neuf activistes turcs sur un ferry turc en route pour tenter de briser le blocus de la Bande de Gaza. Des sites arméniens, des médias et sites kurdes favorables à la rébellion du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mène une lutte armée contre les forces d'Ankara, ainsi que la plate-forme de réseau social pour Anonymous, eux-même des pirates informatiques, ont également subi leurs attaques.

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