INFO FRANCEINFO. Âge, niveau de vie, diplôme, orientation politique... Qui est sensible aux théories du complot ?

Franceinfo vous révèle en exclusivité mercredi les résultats d'une enquête de la fondation Jean-Jaurès sur les théories du complot les plus partagées et sur le profil des personnes qui y adhèrent.

Dix théories du complot ont été soumises aux sondés (illustration).
Dix théories du complot ont été soumises aux sondés (illustration). (XAVIER MEUNIER / RADIO FRANCE)

Croyez-vous aux fake news ? Qui partage les théories du complot ? Pour en savoir plus sur cette adhésion aux fausses informations, la fondation Jean-Jaurès et l'observatoire Conspiracy Watch proposent mercredi 6 février une grande enquête menée par l'institut Ifop, pour la deuxième année consécutive. Franceinfo vous révèle en exclusivité ces résultats.

Dix théories du complot sont testées : l'attentat du 11-Septembre commandité par les États-Unis, l'existence d'un complot sioniste mondial, ou encore l'accident de voiture au cours duquel Lady Diana a perdu la vie qui serait en fait un assassinat maquillé. Celle sur les vaccins ressort particulièrement : une majorité de sondés croit que le gouvernement est "de mèche" avec l'industrie pharmaceutique pour en cacher la dangerosité. Globalement, sur l'ensemble des théories soumises dans l'enquête, on apprend que 21% des sondés sont très poreux aux théories du complot testées, en revanche 52% sont totalement ou très hermétiques à ces thèses.

L’adhésion à différentes affirmations complotistes.
L’adhésion à différentes affirmations complotistes. (IFOP POUR LA FONDATION JEAN-JAURÈS ET CONSPIRACYWATCH)

Le profil du complotiste

Cette étude donne également de nombreuses informations sur le profil des personnes sensibles à la rhétorique complotiste. Le portrait type est une personne jeune, peu diplômée, avec un niveau de vie modeste et qui vote Marine Le Pen.

Si ce tableau est un peu réducteur, il est vrai que, selon cette étude, il y a par exemple trois fois plus de Français sensibles à la rhétorique complotiste chez les moins de 35 ans (28% chez les 18-24 ans, 29% chez les 25-34 ans), que chez les plus de 65 ans (9% chez les 65 ans et plus).

La proportion de personnes sensibles aux théories du complot dépend entre autres de l\'âge. 
La proportion de personnes sensibles aux théories du complot dépend entre autres de l'âge.  (STEPHANIE BERLU / RADIO FRANCE)

L'écart est quasiment le même entre ceux qui sont pas ou peu diplômés (27% chez les non diplômés ou titulaires d'un BEPC, 28% chez les titulaires d'un CAP ou BEP et ceux qui ont fait au moins deux ans d'étude (8% chez les bac +2 ou plus).

La proportion de personnes sensibles aux théories du complot dépend entre autres du niveau de diplôme. 
La proportion de personnes sensibles aux théories du complot dépend entre autres du niveau de diplôme.  (STEPHANIE BERLU / RADIO FRANCE)

Ce qui joue aussi, c'est le niveau de vie : dans les catégories modestes, 38% des sondés croient à plusieurs théories du complot. Le chiffre tombe à 7% dans les catégories aisées.

La proportion de personnes sensibles aux théories du complot dépend entre autres du niveau de vie. 
La proportion de personnes sensibles aux théories du complot dépend entre autres du niveau de vie.  (NOEMIE BONNIN / RADIO FRANCE)

Quand on regarde enfin l'orientation politique, on voit que la sensibilité au complotisme concerne presque trois plus les électeurs de Marine Le Pen que ceux d'Emmanuel Macron à la dernière présidentielle.

La proportion de personnes sensibles aux théories du complot dépend entre autres du vote à la dernière présentielle. 
La proportion de personnes sensibles aux théories du complot dépend entre autres du vote à la dernière présentielle.  (NOEMIE BONNIN / RADIO FRANCE)

On voit des différences également en fonction du média par lequel on s'informe. Les Français qui écoutent les nouvelles à la radio sont presque deux fois moins nombreux (15%) à croire les théories complotistes que ceux qui suivent l'actualité sur internet (27%). C'est d'autant plus intéressant, quand on sait que le web est la première source d'info chez les jeunes.

Enfin, la question de la limitation de la liberté d'expression sur internet pour lutter justement contre les fake news scinde l'opinion en deux blocs égaux : 46% des sondés sont d'accord avec cette proposition, 45% pas d'accord.

*Enquête menée auprès d'un échantillon représentatif de 1760 personnes, du 21 au 23 décembre 2018.