Plan d'économies à Radio France : les trois quarts du personnel en grève selon les syndicats, 40% selon la direction

Les salariés du groupe radiophonique sont en grève mardi 18 juin pour protester contre un plan d'économie de 60 millions d'euros.

Le siège de Radio France, le 10 avril 2018 à Paris.
Le siège de Radio France, le 10 avril 2018 à Paris. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Les antennes de Radio France ont été  perturbées mardi 18 juin en raison d'un appel à la grève contre un plan de 60 millions d'euros d'économies d'ici 2022 voulu par la direction. Dans un communiqué, l'intersyndicale (SNJ, CFDT, CGT, FO, Sud, Unsa) a assuré que "plus des trois quarts des salariés ont cessé le travail". 

Selon le Syndicat national des journalistes (SNJ), il n'y a eu "aucune émission matinale sur France Inter où près de 90% des journalistes ont cessé le travail", tandis que la matinale de franceinfo a été "très perturbée", de même que celles des 44 stations locales de France Bleu. Les autres activités du groupe sont également affectés, avec "85% de choristes en grèves" et des services administratifs "fortement mobilisés", d'après le SNJ.

De son côté, la direction de Radio France a recensé un taux de participation à la grève de 41,6% sur la journée. "L’appel à la grève [...] a été suivi pour la journée par 1289 salariés", assure la direction dans un bulletin d'information interne. 

Réduire les congés et supprimer des postes

Sibyle Veil, la PDG de Radio France, prévoit d'économiser 60 millions d'euros d'ici 2022. Un plan indispensable selon elle, qui permet d'investir dans le numérique, d'anticiper à la fois le désengagement financier de l'État et des charges salariales à venir. Sauf que ce plan pèse pour moitié sur les épaules des salariés, selon l'intersyndicale. 29 millions d'euros restent à trouver sur la masse salariale : la direction compte, entre autres, sur des réductions de congés et l'abandon de certaines activités.

Si les 4 600 salariés n'acceptent pas ces réorganisations, les suppressions de postes seront plus nombreuses. De 270, elles passeront alors à 390. Cela ne peut conduire qu'à la casse de Radio France, concluent les six syndicats dans un tract commun. Ils demandent le retrait de ce plan qu'ils qualifient de "dangereux et de destructeur". D'autant moins compréhensible pour eux que les contours de la future réforme de l'audiovisuel public, prévue en 2020, ne sont pas encore connus.