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France Info, en continu depuis 25 ans

France Info fête aujourd'hui son quart de siècle. De 1987 à 2012, retour sur ce qui fait l'ADN de cette radio depuis 25 ans : l'information continue.
Article rédigé par Cécile Quéguiner
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min
Franceinfo (Franceinfo)

Lundi 1er juin 1987, 6h59, l'antenne de France Info s'ouvre sur un tout premier jingle aux sonorités eighties diffusé en modulation de fréquence sur 105.5 (fréquence tout juste libérée par les militaires) dans une poignée de villes seulement : Paris, Lyon, Clermont-Ferrand, Toulouse, Nantes, Le Mans, Mulhouse et Marseille. Jingle chanté : "Tous les jours sur France Info, il y a l'info qu'il vous faut ". Il n'y a en revanche pas encore grand monde derrière le poste, mais le décor est planté (les horloges égrenant les secondes sont toujours les mêmes), l'aventure de l'info en continu lancée et les trois notes du sonal si b-la-do (signé Gérard Calvi) installées pour de bon dans la mémoire auditive collective.

"Des news, des news, des news " : la naissance de cette première radio tout info fait même les gros titres à la télévision le soir même. 

"Les boulimiques de l'info seront comblés"

De l'information 24 heures sur 24 sur 105.5, le principe est résolument nouveau. La première pub télévisée pour France Info le résume ainsi : "L'info à la radio, avant l'heure, c'était pas l'heure. Après l'heure, c'était trop tard. Maintenant, il y a France Info ". Cet ovni médiatique est accueilli à bras ouvert. "Les boulimiques de l'information seront comblés ". "Ce nouveau journalisme est en train de faire de l'information une véritable star "."Espérons que l'homme pressé y trouvera son compte ". Voilà ce que l'on peut entendre dans un autre reportage de Soir 3 consacré à la naissance de France Info. 

Dès lors, cette machine à produire de l'info ne s'arrêtera plus. Avec sa nécessaire et précise horlogerie. En 1987, les journaux font sept minutes exactement, une minute de plus que les journaux américains (car les Français parlent moins vite). Les reportages et "papiers" sont tous enregistrés, pas de direct pour ne pas risquer le dérapage verbal ou horaire. Deux uniques formats, 40" ou 2' : impossible ou presque de déroger à ce timing implacable. Les présentateurs enfin sont tous des hommes. L'info, pense-t-on alors, n'est surtout pas une affaire de femmes. Celles-ci ne se verront octroyer, au mieux, que les chroniques de la chaîne, dont l'emblématique "Quelle époque épique" de Yolaine de la Bigne. 

Une mécanique trop huilée ?

France Info crée ses propres standards et impose dans le paysage médiatique son rythme et son ton. Une radio à la mécanique parfaite. Trop ? Ce distributeur automatique de "bobs", comme l'on surnommait dans le jargon radiophonique la bande magnétique de chaque reportage enroulée sur son noyau, se féminise, laisse un peu plus de place au direct, mais finit par ronronner. Selon Catherine Pottier, journaliste à France Info depuis 1996, "c'est en juin 1998, en pleine Coupe du monde de foot, que la rupture s'opère ". Devant l'effervescence de ce Mondial historique pour les bleus, on bouscule cette grosse machinerie pour la première fois, et la présentatrice se voit devenir chef d'orchestre lançant des reportages et envoyés spéciaux en direct pour faire vivre cet événement.

Dès lors, ce principe de "fil rouge" s'impose : au lieu d'une succession de présentateurs anonymes ou presque, on nomme par tranche des anchormen ou anchorwomen , voix incarnées pour humaniser l'antenne et accompagner des auditeurs ayant fini par se perdre dans les rouages de cette mécanique trop huilée. Catherine Pottier sera d'ailleurs la première femme en France à présenter un prime-time radio, soit la tranche du petit déjeuner et de l'autoradio en route vers le boulot de 7h à 10h.

"France Info, agitateur d'infos depuis 25 ans"

Depuis son lancement sur les cendres de Radio 7, France Info se veut radio d'avant-garde. Premier média tout info, première radio entièrement numérique en 2000, sa grille en boîte s'enhardit de plus en plus en osant le direct, le multiplex lors des soirées de championnat de Ligue 1, ou les éditions spéciales dès que l'actualité est chaude. Le tournant est pris de façon radicale en 2009, conforté les années suivantes par une actualité très forte, des révolutions arabes à la mort de Ben Laden, en passant par l'affaire DSK ou le tsunami au Japon. "Désormais, c'est l'actu qui fait la grille, pas l'inverse , explique Philippe Chaffanjon, directeur de France Info depuis cette date. Neuf jours sur dix, on bouleverse tout ou partie des programmes ".  

Un modèle assumé et éprouvé qui fait des émules. À la télévision, LCI se lance dans l'info continue. Puis viennent les sites internet d'infos et d'autres chaînes comme BFM-TV. Même les généralistes succombent à la manie de l'édition spéciale. Pourtant, si l'apogée de ses plus de 6 millions d'auditeurs (en 2001) est derrière, France Info compte encore aujourd'hui 4,7 millions de fidèles chaque jour. "L'univers concurrentiel est exponentiellement agressif. Que France Info fasse encore une telle performance, c'est remarquable ", se réjouit Philippe Chaffanjon. Et de compter fermement sur "la marque " France Info : "France Info véhicule des valeurs de sérieux. Donc quand l'actu est forte, face à l'énorme proposition d'infos, les gens se tournent vers nous ".

Une marque qu'il entend continuer à moderniser "pour les années à venir ", en soignant les nouveaux supports - web, smartphones, etc. "Un jour, on nous écoutera peut-être en direct sur un pot à crayon ! Voilà c'est ça, la marque. On devrait écrire aujourd'hui, France Info, agitateur d'info depuis 25 ans. Since 1987 ! "


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