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Crise alimentaire : les pays riches en accusation à la FAO

Les politiques commerciales des pays riches ont essuyé une charge au sommet de FAO qui s'est ouvert à Rome. Les Nations Unies ont recommandé de lever les barrières commerciales, les embargos et les subventions pour enrayer la crise alimentaire qui menace le Monde. Mais le sommet ne parvient pas à dépasser les déclarations d'intentions.
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Radio France
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C'est le Who's who des chefs d'Etats qui s'est réuni à Rome pour le sommet mondial de la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture), consacré à la crise alimentaire qui provoque les émeutes de la faim.

Quarante-quatre chefs d'Etat sont donc notamment assis dans les travées du sommet. L'Italien Silvio Berlusconi, qui invite, le Français Nicolas Sarkozy, qui a fait un passage éclair, l'Espagnol Jose Luis Rodriguez Zapatero, le Brésilien Luis Inacio Lula da Silva ou le Sénégalais Abdulaye Wade. D'autres personnalités plus controversées sont aussi venues, comme l'iranien Mahmoud Ahmadinedjad, qui s'en est à nouveau pris à Israël et aux Etats-Unis, ou Robert Mugabe, président du Zimbabwe, qui a accusé l'Occident de vouloir le renverser.

Mais globalement, les attaques se sont concentrées sur les politiques commerciales des pays riches. En co-accusés, les biocarburants, coupables selon leurs détracteurs de contribuer à la flambée des prix alimentaires. Jacques Diouf, le directeur général de la FAO a dénoncé les subventions mises en place par les pays riches et l'excès de gaspillage. Ban Ki-moon, le secrétaire général de l'ONU appelle à supprimer les limitations aux importations fixées par certains pays. Dans le collimateur notamment, l'Union européenne, ses taxes douanières et ses subventions.

La réduction des surfaces agricoles consacrées aux cultures vivrières au profit des biocarburants inquiète également certains pays. Sur les bancs de la défense, les Etats-Unis ou le Brésil, qui souhaite augmenter leurs productions. Les USA estiment que les biocarburants ne représentent que 3% de la hausse des produits alimentaires. Faux, répond l'ONG Oxfam, qui chiffre cette contribution à 30%.

Selon la Banque mondiale et des organisations humanitaires, la flambée des prix alimentaires peut faire basculer 100 millions de personnes dans la famine. Environ 850 millions souffrent déjà de la faim.

Grégoire Lecalot, avec agences

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