Pour "Charlie Hebdo", la polémique autour de leur prix américain est un "malentendu"

Le journal satirique va recevoir mardi un prix de la société littéraire américaine PEN American Center.

Le rédacteur en chef de \"Charlie Hebdo\", Gérard Biard, et le critique de cinéma Jean-Baptiste Thoret, le 1er mai 2015 à Washington (Etats-Unis).
Le rédacteur en chef de "Charlie Hebdo", Gérard Biard, et le critique de cinéma Jean-Baptiste Thoret, le 1er mai 2015 à Washington (Etats-Unis). (ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP)

Charlie Hebdo tente de calmer le jeuAvant d'aller recevoir à New York mardi un prix pour la liberté d'expression auquel se sont opposés des écrivains, le rédacteur en chef et un journaliste de l'hebdomadaire ont plaidé vendredi 1er mai à Washington (Etats-Unis) le "malentendu", tout en ironisant sur le soutien réel des auteurs à cette liberté.

"Je crois qu'il y a un petit malentendu", a affirmé Jean-Baptiste Thoret, critique cinéma au journal satirique qui a fait l'objet d'un attentat sanglant en janvier à Paris pour avoir publié des caricatures de Mahomet, faisant 12 morts. Quelque 150 romanciers et membres du PEN, dont certains de renom comme l'Australien Peter Carey ou le Canadien Michael Ondaatje, ont décidé de boycotter le gala de mardi en critiquant les choix éditoriaux du journal qui, selon eux, dénoncent trop souvent l'islam.

"Nous n'avons jamais publié de dessins racistes"

"A mon avis, ils pensent que le prix" de la société littéraire américaine PEN American Center, "est attribué à Charlie Hebdo pour son contenu", a poursuivi le journaliste qui s'exprimait en anglais. "Il y a confusion, c'est un prix attribué au principe de la liberté d'expression", a-t-il ajouté après avoir néanmoins balayé cette opposition d'un goguenard "pour moi, pas de problème, et tant mieux pour eux!".

Le journaliste et le rédacteur en chef du journal Gérard Biard, sous surveillance discrète de gardes du corps sans uniformes, étaient les invités d'une rencontre organisée à Washington par l'association Freedom House pour les libertés à laquelle ont assisté une centaine de personnes dûment fouillées à l'entrée de la salle.

Jean-Baptiste Thoret a d'ailleurs évoqué une étude réalisée par des sociologues sur quelque 500 couvertures du journal dont 300 étaient consacrées à la seule politique française, a-t-il dit, 38 à la religion et parmi ces dernières, sept à l'islam. "C'est ça, la réalité", a-t-il insisté. "Nous n'avons jamais publié de dessins racistes", a renchéri Gérarg Biard, "historiquement, nous sommes un journal anti-raciste, c'est dans notre ADN". "Mahomet est un symbole, une icône. A Charlie Hebdo, nous sommes contre les icônes, de la même manière que nous sommes contre le foot!", a-t-il ironisé en riant et en faisant rire l'assistance.