"Charlie Hebdo" assigné pour ses caricatures de Mahomet

L'hebdomadaire satirique est poursuivi pour provocation et incitation à la haine raciale et diffamation par deux associations.

Un homme lit l\'hebdomadaire \"Charlie Hebdo\" du 19 septembre 2012, à Paris.
Un homme lit l'hebdomadaire "Charlie Hebdo" du 19 septembre 2012, à Paris. (THOMAS COEX / AFP)

CHARLIE HEBDO - Nouvel épisode après la publication polémique, en septembre, de caricatures de Mahomet par Charlie Hebdo. L'hebdomadaire satirique est assigné pour provocation et incitation à la haine raciale et diffamation par deux associations, a annoncé l'avocat du titre de presse, vendredi 7 décembre. Une première audience de procédure est prévue le 29 janvier.

Réclamation de 580 000 euros de dommages et intérêts

La citation directe devant le tribunal correctionnel de Paris a été déposée au nom de l'association Rassemblement démocratique algérien pour la paix et le progrès (RDAP) et de l'Organisation arabe unie, qui se présente comme une "branche organe" du RDAP. Elle vise le journal, son directeur de la publication et deux dessinateurs.

Les deux associations se présentent comme ayant pour objet "la défense et le soutien des personnes musulmanes et/ou arabes" et réclament au total 580 000 euros de dommages et intérêts, selon la citation consultée par l'AFP. Les plaignants jugent notamment six dessins "attentatoires à l'honneur et à la considération du prophète Mahomet et à la communauté musulmane".

"Une tradition humoristique française"

Pour Richard Malka, l'avocat de Charlie Hebdo, les demandes "exorbitantes" et les "accusations" sont formulées "comme si ces dessins devaient être pris au premier degré et ne relevaient pas d'une publication satirique". "Une fois de plus, on tente d'impressionner, de faire peur pour empêcher cette tradition humoristique française à l'égard des religions de s'exercer", a estimé l'avocat.

Pour ces mêmes dessins, une plainte avait été déposée dès le 19 septembre auprès du parquet de Paris par l'Association syrienne pour la liberté, qui se dit domiciliée dans le 20e arrondissement de Paris. Mais le journal dit n'avoir eu "aucun retour" à ce sujet.