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Accord en vue au G20, mais accord a minima

Les négociations se sont poursuivies cette nuit à Séoul après l'ouverture du sommet du G20. Négociations pour trouver un accord sur la mise en place de mécanismes de régulation financière. Les participants ont commencé leurs travaux sans Nicolas Sarkozy qui, en raison des commémorations du 11 novembre, ne les a rejoints qu'au 2e jour du sommet.
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L'essentiel des débats tourne autour de la monnaie. Les États-unis font pression sur la Chine pour autoriser une hausse de sa monnaie. Washington est persuadé que Pékin applique une politique de dévaluation volontaire du yuan pour doper ses exportations. D'autres pays comme le Brésil critiquent la stratégie de dévaluation du dollar de la Réserve fédérale américaine, qui a décidé d'injecter près de 600 milliards d'euros dans l'économie du pays.

Le président américain Barack Obama veut changer la donne. Il a déclaré en ouverture du Sommet que “la chose la plus importante que les États-Unis puissent faire pour l'économie mondiale, c'est de croître, car nous continuons à être le plus grand marché mondial et un immense moteur pour la croissance de tous les autres pays”. Il considère que les États-Unis soutiennent l'économie mondiale en consommant grâce à des emprunts toujours plus importants. Une situation que ne peut plus durer si le groupe des 20 plus puissants pays du monde veut réellement mettre en place un nouvel ordre économique mondial.

Le président brésilien Lula, qui a fait le déplacement avec Dilma Rousseff (qui lui succèdera à la tête du pays à partir du 1er janvier prochain) a immédiatement critiqué la sortie de son homologue, arguant que “tout le monde aimerait vendre”. Il a soutenu que “si les pays riches ne consomment pas et veulent une croissance de l'économie basée sur les exportations, le monde fera faillite parce qu'il n'y aura personne pour acheter.”

Stérilité des débats, des intérêts contradictoires :les participants du G20 n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur un ordre du jour. Il n'y aura donc pas de déclaration commune ce matin. Un diner a été organisé hier soir. Là encore, les discussions n'ont pas permis d'avancer beaucoup. Le G20 de Séoul pourrait aboutir à un accord a minima.

Sarkozy veut changer le monde

Le président français est arrivé ce matin à Séoul. Au plus fort de la crise financière, il a appelé il y a deux ans à l'avènement d'un nouveau Bretton Woods. La semaine dernière, il a une nouvelle fois affiché son ambition : “il faut que tout le monde accepte de se mettre autour de la table pour poser les bases d'un nouveau système qui garantisse la stabilité du monde.”

Nicolas Sarkozy prend la tête du G20 pour un an. Il a annoncé vouloir travailler sur trois chantiers : la réforme du système monétaire, le règlement des prix des matières premières et la réforme de la gouvernance mondiale.

Derrière ces annonces ambitieuses, le président doit faire face à une impopularité chronique depuis plusieurs mois. La présidence du G20 lui donne une tribune qu'il devrait utiliser pour tenter de restaurer une image mise à mal en France par son passage en force sur la réforme des retraites et la politique de reconduite massive aux frontières des Roms.

Le nouveau président du G20 devrait se réserver les annonces des mesures prises lors du sommet de Séoul si, bien entendu, les grands pays industrialisés et les pays émergents arrivent à élaborer une stratégie économique commune.

Thibault Lefèvre, avec agences

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