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Le week-end de départs en vacances marqué par une hausse des prix des carburants

En cause : une augmentation des cours du pétrole brut à New York. Toutefois, les professionnels du secteur se veulent rassurants. 

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France Télévisions
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Les prix du baril de pétrole brut léger américain (WTI) ont fini au-dessus du seuil des 100 dollars mercredi 3 juillet 2013 à New York pour la première fois en plus d'un an. (THOMAS SAMSON / AFP)

Les prix à la pompe en France vont-ils s'envoler avec les vacances ? C'est ce que pense le comparateur de prix Carbeo, qui a prévu jeudi 4 juillet une hausse pour ce week-end de grands départs en vacances. En cause : une nette hausse des cours du pétrole brut à New York, mais cette crainte a été aussitôt tempérée par les professionnels du secteur.

La raison : une hausse du prix du baril

Les prix du baril de pétrole brut léger américain ont fini au-dessus du seuil des 100 dollars mercredi à New York pour la première fois en plus d'un an, dopés par une dégringolade des stocks de brut américains et les tensions en Egypte. Une fois convertis en euros, ils ont augmenté de près de 9% en deux semaines. Le cours du Brent à Londres a quant à lui fini mercredi à près de 106 dollars le baril, au plus haut depuis le 20 juin.

Pour les automobilistes français, "la hausse rapide de ces derniers jours [des prix du brut] va inverser la tendance des prix des carburants à la pompe dans les prochains jours", a prévenu le site de comparaison des prix des carburants Carbeo.com. Ainsi, alors que les prix sont actuellement presqu'au même niveau qu'il y a un an (1,32 euro du litre en moyenne en juin pour le diesel, 1,5324 pour l'essence sans plomb 95), "il est à prévoir pour le départ en vacances de ce 1er week-end de juillet une hausse des prix généralisée sur la France", ajoute-t-il.

Les pétroliers rassurent...

Cependant, le patron de l'Union française des industries pétrolières (Ufip), Jean-Louis Schilansky, interrogé sur RTL, a relativisé ces craintes. Structurellement, une hausse des prix à la pompe risque d'intervenir, mais "il ne faut pas s'attendre à une flambée des prix, on parle de 1 à 2 centimes d'euros du litre", a-t-il estimé. Le PDG de Total Christophe de Margerie a estimé qu'il n'y avait pas de raison que les prix à la pompe augmentent en cette période de départs en vacances, après qu'une association de consommateurs a dénoncé cette semaine les marges "anormalement élevées" des stations-service sur l'essence. "C'est normal, on est début juillet, tous les débuts juillet il y a ce genre de remarques, et c'est normal. Elles [les associations de consommateurs] font leur travail et s'assurent que nous faisons bien le nôtre", a déclaré Christophe de Margerie. 

"On est tellement malins que, quand les Français partent en vacances, on va augmenter les prix pour se rendre sympathiques ? C'est évident que non. On fait attention justement à ce qu'il n'y ait pas de hausses à ce moment-là", a-t-il ajouté. "Surtout avec un prix du pétrole qui n'est pas trop élevé, il n'y a pas de raison de voir monter les prix à la pompe, et je crois d'ailleurs qu'ils ne montent pas", a-t-il conclu.

... Mais ils sont contredits 

Parallèlement, l'association de consommateurs CLCV a dénoncé les marges "anormalement élevées" sur l'essence (12,2 centimes par litre actuellement pour le sans plomb 95, contre 8,9 pour le diesel) des stations-service sur l'essence, supérieures de 3 centimes par litre environ à celles pratiquées sur le gazole. 

A ce sujet, le patron de l'Ufip a justifié sur RTL cet écart par la chute des ventes d'essence en volumes (elles ne représentent plus que 20% des ventes de carburant contre 80% pour le diesel), et des surcoûts liés aux Certificats d'économies d'énergie et aux biocarburants. Et il a par ailleurs démenti que les stations-service aient gonflé leurs marges cette année pour se rattraper après la baisse des prix à la pompe négociée l'an dernier par le gouvernement. L'Etat avait baissé les taxes sur les carburants de 3 centimes par litre pendant quelques mois et réclamé un effort similaire aux distributeurs et pétroliers sur leurs marges.

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