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Le ton monte entre la direction et les salariés

La décision de l'équipementier de fermer provisoirement son usine de Villemur-sur-Tarn a sucité la colère des salariés
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Les salariés de Molex se battent pour sauver leur usine (© F3)
La décision de l'équipementier de fermer provisoirement son usine de Villemur-sur-Tarn a sucité la colère des salariésLa décision de l'équipementier de fermer provisoirement son usine de Villemur-sur-Tarn a sucité la colère des salariés

Officiellement, c'est pour des raisons de sécurité que la direction a décidé de fermer le site près de Toulouse, après des incidents survenus entre les salariés et un dirigeant américain.

"Ca commence à se corser. S'ils cherchent l'épreuve de force, ils vont l'avoir", a averti le secrétaire du comité d'entreprise, Denis Parise (CGT).

Une colère d'autant plus palpable que les salariés, en grève depuis le 7 juillet, ont voté à l'unanimité dans l'après-midi, pour la reprise du travail.

"Il faut qu'on vote la reprise du travail pour prouver qu'on veut travailler et qu'on ne peut pas. Le jour où ils auront débloqué le site, on pourra se remettre en grève", a déclaré le secrétaire du comité d'entreprise, Denis Parise (CGT), avant le vote.

Cela n'a servi à rien, la direction de Molex a demandé au juge des référés du TGI de Toulouse, devant lequel comparaissaient Denis Parise et trois autres salariés, "d'autoriser la fermeture (de l'usine) par mesure de sécurité". La décision sera rendue mardi matin.

"Une quarantaine de personnes alcoolisées ont agressé verbalement puis physiquement Eric Doesburg", directeur du développement de Molex USA, "lors de sa sortie de l'usine vers 21H30" mardi, s'est justifié le co-gérant de l'usine, ajoutant que M. Doesburg avait reçu "des coups de poing et de pied".

Une version que conteste les salariés. Selon eux il y a eu une simple bousculade, et des oeufs ont été jetés sur le directeur du développement et ses gardes du corps. Eric Doesburg, qui marchait avec une canne après une opération du genou, a été bousculé. Un médecin lui a prescrit une ITT (incapacité temporaire de travail) de 7 jours.

Le personnel était particulièrement en colère après avoir appris, mardi, l'arrêt des discussions entre la direction et un repreneur potentiel de l'usine (283 emplois).

"L'usine n'est pas viable. La fermeture reste programmée pour fin octobre", a répété Marcus Kerriou, ex-cogérant de l'usine qui a présenté jeudi sa démission, la direction de Molex aux Etats-Unis ayant décidé de reprendre le "management direct" de l'usine de Villemur.

"Les collègues aux USA prennent les rênes (...) La direction est extrêmement mécontente quant à la situation (à Villemur), même si ce n'est pas dû à notre travail", a ajouté M. Kerriou

Les 283 salariés et un cabinet d'expertise comptable qui a réalisé un audit de l'entreprise, estiment qu'elle est viable et espère poursuivre leur activité après le départ de Molex.

Les politiques tentent de calmer le jeu

Dans un communiqué, le ministre de l'Industrie Christian Estrosi "appelle l'ensemble des parties à surmonter l'épisode de mardi soir qui ne doit en aucune façon apparaître comme un prétexte à la rupture des discussions".

M. Estrosi a convenu d'un rendez-vous le 25 août au ministère de l'Industrie avec le vice-président du groupe Molex, Martin Slark, et a réitéré "sa ferme condamnation de toute forme de violence, tout en rappelant que la nature exacte et la portée des incidents devront être éclaircies par l'enquête en cours".

Les présidents PS du conseil régional Midi-Pyrénées, Martin Malvy, et du conseil général de Haute-Garonne, Pierre Izard, ont demandé jeudi à être reçus par le président Sarkozy pour discuter de la situation de Molex .

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