Le smic sera revalorisé de 0,93% au 1er janvier 2017, sans "coup de pouce" du gouvernement

Cette augmentation correspond à l'inflation. Une personne rémunérée au smic touchera donc 1 480,27 euros brut.

Le dernier \"coup de pouce\" au smic date du 1er juillet 2012.
Le dernier "coup de pouce" au smic date du 1er juillet 2012. (MAXPPP)

Il passera de 9,67 euros brut de l'heure à 9,76. Le smic sera revalorisé de 0,93% au 1er janvier 2017, annoncent des sources syndicales à franceinfo, lundi 19 décembre. Comme lors des quatre dernières revalorisations, le gouvernement n'a pas accordé le "coup de pouce" réclamé par les syndicats

Une personne rémunérée au smic touchera donc 1 480,27 euros brut mensuels, soit une hausse de 13,65 euros par rapport à 2016. Le smic net s'établit, quant à lui, autour de 1 153 euros, en hausse de 11 euros. En France, 1,7 million de salariés du privé touchent le salaire minimum.

Le dernier "coup de pouce" au smic remonte au 1er juillet 2012, au lendemain de l'élection de François Hollande à l'Elysée. En plus d'une hausse de 1,4% du salaire minimum au titre de l'inflation au début de l'année, le gouvernement avait décidé d'un coup de pouce au smic de 0,6%.

La ministre du Travail Myriam El Khomri a donc suivi les recommandations du groupe d'experts sur le smic, une instance consultative composée d'économistes, qui lui avait déconseillé d'aller "au-delà de la formule légale d'indexation" du smic, pour ne pas introduire "un risque de déstabilisation" dans un contexte économique "encore fragile"

"Couper court aux procès en trahison"

Malgré des "signes vraiment encourageants" pour l'économie française, les perspectives "restent soumises à de nombreux aléas", a expliqué Myriam El Khomri aux partenaires sociaux, citant, selon le texte de son discours, les "prix du pétrole", les "taux de change" et les "taux d'intérêt".

Souhaitant "couper court aux procès en trahison", la ministre a, par ailleurs, considéré "qu'un 'coup de pouce' au smic n'est pas la meilleure solution pour améliorer le pouvoir d'achat de nos concitoyens", lui préférant notamment une "baisse de la fiscalité" ou "la prime d'activité", qui a fusionné début 2016 le RSA Activité et la prime pour l'emploi.

"Dix baguettes tradition de plus"

L'exécutif n'a donc pas accédé aux revendications de la CGT, de Force ouvrière et de la CFTC qui réclamaient d'aller au-delà de la hausse mécanique du salaire minimum. La hausse du smic "permettra généreusement d'acheter 10 baguettes tradition de plus", a ironisé Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO, sur Twitter.