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Le maintien de Didier Lombard à France Télécom comme conseiller a choqué les syndicats de l'opérateur

Le ministre de l'Emploi Xavier Bertrand a estimé vendredi sur RTL que "beaucoup de personnes (avaient) du mal" à comprendre que l'ancien patron de France Télécom reste.La direction du groupe a annoncé mercredi que Didier Lombard devenait conseiller spécial au côté de Stéphane Richard, le nouveau PDG qui prend ses fonctions le 1er mars.
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Didier Lombard (G) et Stéphane Richard le 9 juin 2010 à Paris (AFP / Eric Piermont)

Le ministre de l'Emploi Xavier Bertrand a estimé vendredi sur RTL que "beaucoup de personnes (avaient) du mal" à comprendre que l'ancien patron de France Télécom reste.

La direction du groupe a annoncé mercredi que Didier Lombard devenait conseiller spécial au côté de Stéphane Richard, le nouveau PDG qui prend ses fonctions le 1er mars.

Une trentaine de suicides de salariés de France Télécom, entre janvier 2008 et fin 2009, avaient suscité l'émoi.

"Beaucoup de personnes qui nous écoutent ont du mal à comprendre", a affirmé Xavier Bertrand sur RTL, tout en précisant ne pas avoir "le détail" de l'affaire.

Incompréhension des syndicats
"C'est l'étonnement et la suprise, on ne comprend pas", a déclaré Pierre Dubois, délégué CFDT de France Télécom. Didier Lombard, qui va avoir 69 ans dimanche, "mérite amplement sa retraite", a-t-il estimé.

"Pour nous, M. Lombard ne peut pas rester conseiller de Stéphane Richard. Ce n'est pas admissible", estime de son côté Patrice Diochet, de la CFTC. "Pour aller de l'avant, il faut que France Télécom coupe les ponts."

Patrick Ackermann, de SUD, juge lui aussi que le maintien de Didier Lombard dans l'entreprise pose problème, dans la mesure où il n'est pas là "uniquement pour faire de la figuration". C'est l'équipe de direction emmenée par Didier Lombard qui a "mis en place un système de management par la pression avec un plan de 22.000 suppressions d'emplois, le plan Next", a-t-il souligné, précisant que l'instruction d'une plainte syndicale est toujours en cours.

Avec l'Association pour la Défense de l'Epargne et de l'Actionnariat des Salariés de France Télécom-Orange, la CFE-CGC/UNSA a dénoncé "un maintien en poste dans le but de bénéficier de ses stocks options". Si Didier Lombard "quittait le groupe, il perdait la possibilité de les aire valoir. Or le cours est actuellement trop faible pour les exercer", ont-ils souligné.

Stéphane Richard a récusé ces accusations jeudi dans une conférence de presse. "Le fait qu'il prenne un rôle de conseiller auprès de moi dans les mois qui viennent n'a rien à voir avec cette affaire d'options", a-t-il assuré, précisant que le total des stock-options concernées était de 300.000.

Stéphane Richard prend se fonctions, Didier Lombard reste comme conseiller
Mercredi soir, le conseil d'administration de France Telecom a nommé PDG Stéphane Richard, actuel directeur général, à compter du 1er mars, et a acté le départ de Didier Lombard du poste de président non exécutif.

Didier Lombard devient "Conseiller spécial de Stéphane Richard sur les orientations stratégiques et la vision technologique du Groupe".

Si la nomination de Stéphane Richard, actuel directeur général et patron de fait de l'opérateur, en tant que PDG était attendue, l'avenir de Didier Lombard au sein du groupe restait en question, tout comme l'attribution d'une éventuelle retraite chapeau de 300.000 euros par an, selon un calcul mené par des sources internes.

Selon ces sources, en restant au sein de France Telecom, Didier Lombard, 69 ans, toucherait ainsi une rémunération en tant que salarié, ce qui retarderait le versement de ses indemnités retraite correspondant à ses fonctions de président du conseil d'administration.

En annonçant le 11 février au quotidien La Tribune qu'il quittait ses fonctions avant le terme de son mandat, Didier Lombard avait indiqué qu'il ne recevrait pas "d'indemnités de départ en cette circonstance".

Selon le communiqué officiel de l'opérateur, "nommé Président-Directeur général en février 2005, Didier Lombard a fait de France Telecom-Orange l'un des tout premiers opérateurs mondiaux, tant en termes de technologie que de solidité financière".

Didier Lombard avait cédé les rênes opérationnelles du groupe le 1er mars 2010 à l'actuel directeur général, Stéphane Richard, après avoir été fragilisé par une vague d'une trentaine de suicides de salariés -35- entre janvier 2008 et fin 2009, à laquelle il avait réagi avec des propos manquant de tact et d'humanité. Aujourd'hui, le chiffre des suicides atteint la cinquantaine.

Chiffre d'affaires et bénéfice en hausse
France Telecom a publié jeudi un chiffre d'affaires 2010 de 45,5 milliards d'euros, en hausse de 0,6% hors mesures de régulation. Son bénéfice net a lui aussi augmenté, à 4,88 milliards, en augmentation de 61%, en ligne avec les attentes des analystes.

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