L'Espagne dans le rouge malgré le feu vert européen au plan d'aide aux banques

ESPAGNE - Chômage en hausse, flambée des taux d'emprunt, chute des valeurs de la bourse espagnole : vendredi, tous les indicateurs de l'économie espagnole sont dans le rouge.

Le siège de Bankia à Madrid (Espagne), le 29 mai 2012.
Le siège de Bankia à Madrid (Espagne), le 29 mai 2012. (DOMINIQUE FAGET / AFP)

La décision était attendue. La zone euro a donné vendredi 20 juillet son feu vert au plan d'aide aux banques espagnoles. Il prévoit une enveloppe allant jusqu'à 100 milliards d'euros, selon une source proche de l'Eurogroupe. Les ministres des Finances de la zone euro ont pris cette décision formelle lors d'une brève conférence téléphonique uniquement consacrée à l'aide à l'Espagne.

Cette approbation survient au moment où l'Espagne est en grande difficulté. Le chômage augmente, les taux d'emprunt grimpent et la bourse dégringole. Malgré le plan d'aide mis sur pied par la zone euro, tous les indicateurs sont dans le rouge.

• La bourse s'effrondre de plus de 3%

La Bourse de Madrid a plongé vendredi de plus de 3%. Alors que l'Ibex 35 espagnol (équivalent du CAC 40 français) clôturait en légère hausse la veille, toutes les valeurs ont chuté après l'accord de la zone euro au plan d'aide aux banques espagnoles. Les résultats sont notamment entraînés vers le bas par les valeurs bancaires : -4,22% pour Santander, -4,56% pour BBVA, -3,98% pour la Banco Popular.

• Les taux d'emprunt grimpent de 7%

Signe de l'inquiétude persistante des investisseurs, le taux d'emprunt à 10 ans de l'Espagne est repassé au-dessus des 7%, un seuil jugé insoutenable sur le long terme. Depuis plusieurs mois, le pays concède des taux très élevés pour emprunter.

Le Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, a reconnu fin juin que le pays ne pouvait pas continuer "longtemps à se financer" aux taux actuels que lui imposent les marchés, inquiets de la situation des banques et des comptes publics.

• Le chômage continue d'augmenter

Alors que le pays est frappé par de très importantes manifestations, le gouvernement a confirmé une nouvelle hausse du chômage. L'Espagne détient le triste record des pays industrialisés, pusiqu'il devrait atteindre 24,6% en 2012, un chiffre légèrement supérieur aux 24,3% attendus initialement. En 2013, le chômage devrait très légèrement baisser, à 24,3% de la population active, puis descendre à 23,3% en 2014, selon les nouvelles prévisions macro-économiques présentées par le ministère du Budget.

Seule éclaircie : les chiffres de la croissance. L'économie espagnole devrait se contracter en 2012 de 1,5% contre 1,7% attendu initialement, soit une récession légèrement moins importante que prévu, a annoncé vendredi le ministre du Budget, Cristobal Montoro.