La Banque centrale européenne a revu jeudi à la hausse ses prévisions d'inflation et de croissance en 2011 et 2012

L'institution prend note de la poussée des prix de l'énergie liée aux révoltes en cours dans les pays producteurs mais aussi de la poursuite de la reprise en zone euro.La BCE table désormais sur une hausse des prix de 2,3% en 2011, contre 1,8% jusqu'à présent, et de 1,7% en 2012, contre 1,5% précédemment.

Jean-Claude Trichet, le président de la BCE
Jean-Claude Trichet, le président de la BCE (AFP/Georges Godet)

L'institution prend note de la poussée des prix de l'énergie liée aux révoltes en cours dans les pays producteurs mais aussi de la poursuite de la reprise en zone euro.

La BCE table désormais sur une hausse des prix de 2,3% en 2011, contre 1,8% jusqu'à présent, et de 1,7% en 2012, contre 1,5% précédemment.

Une hausse des taux directeurs possible en avril
Une "grande vigilance" est nécessaire concernant l'évolution de l'inflation en zone euro, a déclaré le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, lors d'une conférence de presse à Francfort (ouest), soulignant notamment de "fortes hausses des prix énergétiques et alimentaires".

L'inflation a encore accéléré en février dans la zone euro à 2,4% en février, après 2,3% en janvier, selon une première estimation publiée mardi par l'office européen des statistiques Eurostat.

La mission première de la BCE est de garantir la stabilité des prix, avec un maintien de l'inflation à un niveau proche mais inférieur à 2% à moyen terme.

L'institution monétaire a toutefois maintenu son principal taux directeur à 1%, son plus bas niveau historique auquel il est rivé depuis mai 2009, mais M. Trichet a précisé qu'une hausse des taux directeurs était "possible" le mois prochain.

Contrairement à son habitude, il n'a pas précisé que les taux directeurs restaient

"appropriés". Mais la décision de les maintenir inchangés pour le moment a été prise "à l'unanimité" par le conseil des gouverneurs, a-t-il déclaré.

La BCE a aussi révisé en hausse jeudi ses prévisions de croissance pour la zone euro. Elle attend désormais une progression du Produit intérieur brut (PIB) de 1,7% en 2011, contre 1,4% précédemment, et de 1,8% l'année prochaine, contre 1,7% jusque là.

La dynamique sous-jacente de l'activité économique est restée "positive" en début d'année, a estimé M. Trichet. Les exportations de la zone euro "devraient continuer à être soutenues par la reprise économique mondiale qui se poursuit" et par la hausse de la demande intérieure, a-t-il ajouté.

La BCE réévalue tous les trois mois ses prévisions macroéconomiques pour la zone euro. Les chiffres présentés sont des moyennes calculées par l'AFP, la BCE publiant ses prévisions sous forme de fourchettes.