L'UFC-Que Choisir alerte sur "les pratiques délétères des sociétés de recouvrement"

L'association s'alarme de la flambée des signalements concernant les méthodes des sociétés de recouvrements, des "pratiques agressives" et "d'honteuses pressions".

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Radio France
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Une femme calcule le montant de ses factures. Photo d'illustration. (PIERRE HECKLER / MAXPPP)

Dans une étude rendue publique jeudi 28 janvier, l'association UFC-Que Choisir pointe du doigt les "pratiques délétères des sociétés de recouvrement", ces sociétés chargées de récupérer les impayés, rachetés aux banques. L'association de défense des consommateurs s'alarme de la flambée des signalements quant à ces méthodes : 15% de signalements supplémentaires depuis un an, enregistrés par ses associations locales.

Des "pratiques agressives"

L'UFC-Que Choisir a analysé près de 400 dossiers, qui mettent selon elle en évidence des "pratiques agressives", signalées dans un cas sur deux, notamment du "harcèlement téléphonique". Des clients ou leurs proches sont ainsi "contactés quasi quotidiennement durant des mois".

À cela, précise l'UFC-Que Choisir, s'ajoute "d'honteuses pressions (ton menaçant, culpabilisation, chantage à la délation aux voisins), savamment orchestrées par les professionnels". Autre élément dénoncé par l'association : ces dossiers (14% selon l'UFC-Que Choisir) "où les signalements portent sur des dettes 'fantômes' qui ne semblent tout simplement plus dues."

Encadrer les pratiques de ces sociétés

Pour mettre fin à ces procédés, l'UFC-Que Choisir demande aux législateurs européens "l'interdiction de la vente par les banques et de l'achat par les sociétés de recouvrement des crédits 'fantômes' dont la validité ne peut être démontrée". Elle demande, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, que la banque informe son client de la revente de son crédit à une société de recouvrement. Selon l'association, ce système permettrait au consommateur de pouvoir notamment racheter la créance en question s'il le désire.

L'UFC-Que Choisir exige également un encadrement des pratiques des sociétés de recouvrement, notamment en ce qui concerne les courriers et les appels téléphoniques. Elle invite les banques à proposer à leurs clients "fragilisés" des solutions différentes comme la baisse du taux de crédit par exemple.

Alerte sur le "juteux marché" des crédits impayés

Enfin, l'UFC-Que Choisir alerte globalement sur le "juteux marché", "l'eldorado" que constituent les crédits impayés pour les sociétés de recouvrement. Ces impayés atteignent en effet 22 milliards d'euros tous crédits confondus en 2020. Quant au marché économique, il est estimé "à près de 7 milliards d'euros en 2021". L'association estime qu'un crédit racheté génère à la société de recouvrement "une marge brute moyenne de 100%, selon la profession", sachant qu'elle les rachète au rabais (-80% en moyenne).

Selon L'UFC-Que Choisir, 2021 reste "l'année de tous les dangers pour les emprunteurs", "à la veille d'une flambée du chômage qui va dégrader le budget de nombreux ménages".

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