L'OCDE publie une étude sur l'économie de l'Allemagne en 2010, une analyse qui pointe les forces et faiblesses du pays

L'étude de l'Organisation de coopération et de développement économiques) tombe en pleine polémique visant les pays jugés trop exportateurs comme la Chine, attaquée par les USA ou l'Allemagne, critiquée par Paris.Le rapport applaudit la politique allemande en faveur de la baisse des coûts de production et estime qu'elle devrait aller plus loin.

Organisation de coopération et de développement économiques
Organisation de coopération et de développement économiques

L'étude de l'Organisation de coopération et de développement économiques) tombe en pleine polémique visant les pays jugés trop exportateurs comme la Chine, attaquée par les USA ou l'Allemagne, critiquée par Paris.

Le rapport applaudit la politique allemande en faveur de la baisse des coûts de production et estime qu'elle devrait aller plus loin.

Non seulement l'OCDE applaudit la politique allemande en faveur de sa productivité mais estime qu'elle n'en fait pas assez. Bref, le contraire de ce que disait Christine Lagarde il y a quelques jours puisque Paris affirmait qu'en freinant l'évolution des salaires, les entreprises allemandes se sont assurées un avantage compétitif, et ont établi leur position de championnes du monde des exportations. Et Mme Lagarde de déplorer les "déséquilibres" que cela fait naître en Europe, entre une Allemagne à la balance commerciale fortement excédentaire et ses partenaires moins bien lotis.

L'OCDE recommande cependant à l'Allemagne d'étendre la "forte performance" de son "secteur exportateur" aux "autres branches de l"économie".

D'inspiration très libérale, le rapport suggère à l'Allemagne de continuer à baisser les mécanismes en faveur des salariés: "il faudrait envisager d"assouplir la protection stricte des travailleurs réguliers dès que l"économie se sera rétablie", écrit notamment l'OCDE.

Les principaux points du rapport

"L"économie allemande se remet d"une sévère récession consécutive à l"effondrement du commerce mondial. Comme la production ne retrouvera probablement qu"à moyen terme son niveau d"avant la crise, le chômage et le déficit budgétaire vont encore augmenter", écrit l'OCDE qui douche l'optimisme de ceux qui croient en une forte reprise.

A partir de ce constat, l'OCDE estime que l'Allemagne doit travailler sur

-son marché du travail,
-son déficit budgétaire,
-élargir sa croissance

Sur le premier point, on l'a vu, l'OCDE souhaite que l'Allemagne, qui a réussi à contenir son chômage par une politique de réduction des horaires de travail via notamment le chômage partiel. "Les entreprises ont réduit considérablement le temps de travail au lieu de comprimer leurs effectifs. Ce résultat s"explique par une flexibilité accrue au niveau de l"entreprise et par les réformes antérieures du marché du travail, mais aussi par le programme d"indemnisation du chômage partiel", explique l'Organisation. Rendant hommage à ces "reformes antérieures", l'OCDE affirme que pour continuer à s'adapter "il faudrait envisager d"assouplir la protection stricte des travailleurs réguliers dès que l"économie se sera rétablie". Sur ce point, l'OCDE avance des propositions de réformes extrêmement dures (Réduire la durée du préavis de licenciement, par exemple en réformant la disposition qui prévoit que les comités d"entreprise doivent approuver les licenciements, tout en préservant l"importance du mécanisme de consultation au niveau de l"entreprise. Réduire le délai qui s"écoule entre la notification du licenciement et la cessation d"emploi pour les travailleurs à forte ancienneté).


A propos du déficit budgétaire, les pistes de l'OCDE sont là aussi d'inspiration libérale, même si, à souligner, elle n'est pas opposée à une hausse des impôts. "Afin d"améliorer la structure d"imposition, le gouvernement devrait envisager d"alléger les impôts et contributions frappant l"activité économique, générateurs de fortes distorsions, pour alourdir les prélèvements qui ont un impact moins dommageable sur la croissance, notamment les impôts sur le patrimoine et sur la consommation", écrit l'OCDE.

Enfin sur la structure économique allemande, l'OCDE affirme qu'"à la faveur de puissants mécanismes concurrentiels qui ont favorisé l"innovation, l"allocation efficace des ressources et le dynamisme de l"investissement, le secteur exportateur a pu maintenir et créer des possibilités d"emploi". Seul point sur lequel l'OCDE pourrait faire écho aux propos de Christine Lagarde, l'organisation écrit: "de nombreuses réformes ont déjà été engagées, mais il faut aller plus loin pour stimuler la croissance potentielle dans les secteurs desservant la demande intérieure". Il semble cependant que l'organisation privilégie dans ces lignes, non pas une hausse des revenus des ménages, mais des améliorations des marchés concurrentiels.

Pour en savoir plus, voir la synthèse de l'étude de l'OCDE

Qu'est ce que l'OCDE

Voici comment se définit l'OCDE. Texte pris sur le site de l'OCDE:

"L"OCDE regroupe les gouvernements attachés aux principes de la démocratie et de l"économie de marché en vue de :

Soutenir une croissance économique durable Développer l"emploi Elever le niveau de vie Maintenir la stabilité financière Aider les autres pays à développer leur économie Contribuer à la croissance du commerce mondial

L"Organisation offre aux gouvernements un cadre leur permettant de comparer leurs expériences en matière d"action publique, de chercher des réponses à des problèmes communs, d"identifier les bonnes pratiques et de coordonner leurs politiques nationales et internationales".

Voire, la convention créant l'OCDE.