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L'euro et les bourses européennes replongeaient vendredi, l'euro atteignant son plus bas depuis novembre 2008

La monnaie unique est tombée sous 1,24 dollar, plombée par le scepticisme des investisseurs sur la capacité du plan d'aide européen à endiguer la crise.Dans le même temps, les bourses européennes décrochaient, Madrid cédant 6,64%, Milan 5,26%, Paris 4,59%, Lisbonne 4,27%, Athènes 3,41%, Francfort 3,12% et Londres 2,45 %.
Article rédigé par France2.fr
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La monnaie unique est tombée sous 1,24 dollar, plombée par le scepticisme des investisseurs sur la capacité du plan d'aide européen à endiguer la crise.

Dans le même temps, les bourses européennes décrochaient, Madrid cédant 6,64%, Milan 5,26%, Paris 4,59%, Lisbonne 4,27%, Athènes 3,41%, Francfort 3,12% et Londres 2,45 %.

A Wall Street, le Dow Jones a perdu, à la clôture 1,51 % tandis que le Nasdaq baissait de 1,98%. Tokyo avait, lui, abandonné 1,49%.

A New York, c'est le secteur financier qui a été le plus ébranlé, en raison de la volonté des parlementaires américains de limiter les frais sur les cartes de crédit. L'émettrud e cartes de frédit American Express a ainsi perdu 5,O7%.

Pourquoi cette nouvelle baisse des actions?
Les investisseurs doutent "des capacités de croissance de certains pays de l'Europe alors que des politiques de rigueur budgétaire se mettent en place qui vont réduire les capacités de consommer", expliquait un vendeur d'actions parisien.

L'euro au plus bas depuis 18 mois
L'euro qui était monté lundi à 1,30 dollar après l'annonce d'un plan de soutien d'une ampleur inédite de 750 milliards d'euros destiné aux pays de la zone euro en difficulté, est retombé vendredi à son plus bas niveau depuis fin octobre 2008. Vers 18h00 GMT (20h00 à Paris), l'euro valait 1,2394 dollar contre 1,2533 dollar jeudi soir vers 21H0 à GMT.

La monnaie unique a perdu plus d'1% de sa valeur depuis jeudi soir, et plus de 3% en une semaine.

Les cambistes craignent que les problèmes de dette en zone euro ne pèsent à long terme sur la reprise économique en Europe et ne remette en question l'union monétaire, notaient des courtiers.

De plus, un ralentissement de la reprise éloigne la perspective d'un relèvement des taux européens, alors que la Fed pourrait prochainement entamer un processus de resserrement de sa politique monétaire.

Pour Frederik Ducrozet, économiste chez Crédit Agricole CIB, la BCE devrait désormais commencer à remonter ses taux en juin 2011, alors qu'il prévoyait précédemment ce resserrement pour décembre 2010.

Coup d'éclat de Sarkozy à Bruxelles, selon El Pais
En plein vendredi noir, Madrid, Paris et Berlin ont démenti une information d'El Pais selon laquelle le président Nicolas Sarkozy aurait menacé de retirer la France de la zone euro pour forcer Angela Merkel à accepter le plan de sauvetage de la Grèce.

C'est le quotidien espagnol El Pais qui a donné l'information, basée sur des confidences supposées du chef de gouvernement José Luis Rodriguez Zapatero. L'article a plongé Madrid, qui assure la présidence tournant de l'Union européenne, dans l'embarras. Ce papier a été répercuté sur tous les sites du monde entier alors que l'euro plongeait face au dollar en raison de l'inquiétude croissante des marchés face à la viabilité de la zone euro et la capacité du plan européen à endiguer la crise.

"Je n'ai pas connaissance que cette information soit exacte", a pour sa part assuré la première vice-présidente du gouvernement, Maria Teresa Fernandez de la Vega.

Selon El Pais, proche des socialistes au pouvoir à Madrid, Nicolas Sarkozy a exigé vendredi dernier à Bruxelles "un engagement de tous, pour que tout le monde aide la Grèce, chacun selon ses moyens, ou bien la France réexaminera sa situation dans l'euro". Le quotidien cite anonymement un participant à la réunion de Madrid

A Paris, l'entourage du président Sarkozy a démenti dans l'après-midi dans des propos à l'AFP ces informations, parlant de "rumeurs totalement infondées, comme vient de le confirmer le gouvernement espagnol". La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a égalment affirmé qu'il s'agissait de "rumeurs complètement infondées", au cours d'une conférence de presse à Zagreb. "Je pense que c'est presque insultant", a-t-elle seulement ajouté.

Les valeurs bancaires dans la tourmente
Principales victimes de l'inquiétude des marchés, les valeurs bancaires souffraient tout particulièrement.

A Londres, Barclays perdait 2,45%, Lloyds 2,25% et RBS 1,79%. A Madrid, Santander cédait 4,66% et BBVA 4,21%. A Paris, Crédit Agricole (-6,00%), BNP Paribas (-5,95%) et Société Générale (-8,00%) comptaient parmi les plus importants replis de la cote.

Nouvel accès de fièvre sur les taux grecs
Les taux grecs sont repartis fortement à la hausse vendredi, le rendement de l'obligation grecque à 10 ans ressortant à 8,012% contre 7,301% jeudi soir.

Les commentaires négatifs n'ont pas aidé, en particulier ceux du patron de la Deutsche Bank qui a ouvertement mis en doute jeudi soir la capacité de la Grèce à rembourser sa dette en intégralité.

Des commentaires négatifs renforcent les craintes
Pour sa part, Paul Volcker, conseiller économique du président américain Barack Obama, a jugé jeudi à Londres que la crise grecque pourrait entraîner une "désintégration de la zone euro" si sa gouvernance économique n'était pas réformée.

"De toute évidence, je pense que l'on peut dire que l'euro a échoué et est tombé dans un piège qui était manifeste depuis le début", du fait de l'absence de politique budgétaire commune, a expliqué M.Volcker. "L'Europe va au final devoir décider si elle veut être plus ou moins intégrée, et cela remet l'euro en question", a-t-il prévenu.

Des commentaires qui renforcent le sentiment très négatif du marché vis-à-vis de l'euro.

Pour les analystes de Capital Economics, ces inquiétudes, soutenues par une reprise économique qui reste à la traîne par rapport aux Etats-Unis, devraient "entraîner l'euro jusqu'à 1,10 dollar cette année, et à la parité à fin 2011".

FMI: "risques budgétaires accrus" dans les pays du G20
"Les risques budgétaires se sont "accrus" dans les pays du G20 ces derniers mois, l'amélioration des perspectives de croissance ne s'accompagnant pas d'un redressement suffisant des finances publiques", a affirmé le FMI vendredi.

L'organisation a cité "trois raisons: les tendances budgétaires sous-jacentes se sont encore détériorées depuis le rapport de novembre, les marchés financiers ont davantage concentré leur attention sur les faiblesses budgétaires, et les progrès dans la définition des stratégies de sortie budgétaires ont été lents".

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